Comment Matt Damon a braqué votre cerveau

Une phrase en interview qui tourne en boucle sur les réseaux, et les cinéphiles s'enflamment. À tort ?

Chaque samedi, on décortique l’actu ciné de la semaine — et on parle de films, aussi.

Au menu cette semaine, on revient sur un argument utilisé à tort et à travers envers le dernier film Netflix, on scrute de près les nominations pour les Oscars, on va au cinéma, on se plonge dans un des plus grands films taïwanais, on regarde un film à la télé, on recommande plein de beaux trucs — et plus encore.

LES ACTUS DE LA SEMAINE

Sans doute avez-vous lu cette news, ou plutôt cette citation, qui a été partagée, démultipliée, avec toute l’intensité des réseaux, médias, et modes de partages qui sont les nôtres. Alors même que The Rip, le film réalisé par Joe Carnahan dont Matt Damon tient le haut de l’affiche, débarquait sur Netflix le 16 janvier dernier, l’acteur en pleine promo au micro de Joe Rogan est revenu sur les méthodes du géant du streaming. Ses propos, au moins autant que leur réception, ainsi que le film qu’ils accompagnent, sont dignes d’intérêt.

Penchons-nous donc un peu dessus.

Par exemple, Netflix… La méthode classique pour réaliser un film d’action, d’après ce que nous avons appris, consiste généralement à avoir trois scènes marquantes. Une dans le premier acte, une dans le deuxième, une dans le troisième – et la grande scène avec toutes les explosions, celle sur laquelle on consacre la majeure partie du budget, dans le troisième acte. C’est en quelque sorte le final. Maintenant, Netflix se dit : "Est-ce qu’on peut avoir une scène spectaculaire dès les cinq premières minutes ?" On veut que les gens restent captivés. Et ce ne serait pas un problème de répéter l’intrigue trois ou quatre fois dans les dialogues, car les gens sont sur leur téléphone en regardant.

Ni une, ni deux, tout un chacun s’est précipité sur ces quelques mots juteux pour en tirer une moelle aussi substantifique qu’évidente. Netflix exige, ou exigerait, que ses productions embrassent notre air du temps fait de polyprésence — à savoir notre capacité, problème ou bon gros vice au cul consistant à faire, assister, voir, bien des choses simultanément, sans en investir aucune —, et réclamerait donc de ses scénaristes qu’ils matraquent, répètent, chaque élément d’intrigue, et qu’ils ne rechignent pas à doper leur intrigue à coup d’action qui fait que nous autres, semi-débiles en voie d’abrutissement, demeurions éveillés.

Soit. Pourquoi avons-nous collectivement sauté sur cette citation, sur cette information, avec l’enthousiasme de la virole sur le bas-clergé ? Est-ce seulement une information ?

Tout d’abord écartons l’idée qui voudrait que nous autres français, Gardes de Nuit de la culture et de sa noblesse, soyons outrés par un semblable principe. Une simple consultation de notre mémoire collective et individuelle nous permettra de constater que la logique formulaïque n’est pas nouvelle à Hollywood. À ce micro, dans d’autres médias, les femmes et les hommes autour de ce micro ont prononcé, des dizaines, sinon des centaines de fois au cours des quinze dernières années, moult atermoiements face aux automatismes issus des recettes hollywoodiennes.

- Oh ils nous font le coup de la franchise.
- Ah revoilà les années 80.
- J’en peux plus des suites.
- Lâchez-moi avec les sagas de mon enfance.

Pendant près d’une décennie, le taylorisme de l'Internationale Geek convertie à Marvel aura même valu à la critique de ne pas aller beaucoup plus loin qu’un “c’est encore un Marvel”, écrit et prononcé trop fréquemment pour ne pas engendrer quelques regards inquiets vers le dictionnaire des synonymes le plus proche. La charité chrétienne nous invitant à ne pas revisiter les tropismes hollywoodiens et journalistiques plus loin, nous émettrons l’hypothèse que les lamentations relatives au moutonnisme américain ne sont pas nées d’hier, ni même d’avant-hier.

😬 (© Walt Disney Studios)

De même, on aurait tort de croire que les cris d’orfraie accompagnant les propos de Matt Damon reflètent une défiance typiquement française. S’il nous arrive de nous vivre comme une forme d’avant-garde cinématographique, les automatismes régissant une bonne part de nos comédies, de nos drames sociaux, et d’autres catégories éminemment respectables nous indiquent que les recettes n’ont pas attendu Netflix pour présider à la fabrication du cinéma, ou pour y prendre une part notable.

Oui, mais si nous allons dans le détail de ce que dit Damon… N’est-ce pas un symptôme terrible de notre époque que de devoir répéter ad nauseam les enjeux d’un récit pour ne pas perdre le spectateur ? A en croire le cinéma de Christopher Nolan et sa réception critique, non. Et si je voulais être un peu taquin, je nous inviterais collectivement à relire Les Fourberies de Scapin, pour y déceler combien de fois les enjeux sont assénés au spectateur, non pas au sein de chaque acte, mais à l’intérieur de chaque séquence. Heu… chaque scène, autant pour moi.

Tenir son audience, la diriger et s’assurer de la qualité ou de la nature de son attention ne sont ni des attitudes nouvelles, ni des attitudes problématiques en tant que telles.

Et évoquons le deuxième aspect des propos de Damon, alors qu’il évoque le souhait de la plateforme de fondre sur le public avec un élément d’action, ou d’attention, très fort, dès les premières minutes du récit. Que voilà de vulgaires ambitions, trahissant un mépris des spectateurs, considérés comme autant de têtes de bétail à divertir avant que de les charcuter.

Pour autant, ce désir d’accrocher spectatrices et spectateurs avec la subtilité d’un hameçon leur ramonant les vergetures n’est pas non plus exactement inédit. Allez je suis vicieux, je vais vous citer quelques exemples américains. L’ouverture de La Soif du Mal, avec son plan-séquence dopé au suspense dynamité est un bon exemple d’accrochage. Croyez-vous que les quarante premières minutes de palabres de Jurassic Park passeraient aussi bien sans l’incroyable intro à base de hors-champ établissant qu’un vélociraptor est beaucoup plus vicieux qu’un papillon ? Considérez-vous autrement les premières images de Sunset Boulevard. Bon allez, je suis vraiment vicieux, mais que nous a appris l’Arrivée du train en gare de la Ciotat et les films Lumières sinon qu’en toute chose, en tout récit, l’instant, à fortiori le premier, est tout ?

Oh je vous vois venir. Le Riaux nous pond un papier pour nous dire “circulez, y a rien à voir”, Netflix ne fait qu’intensifier, ou laisser à voir une guirlande de principes qui préexistent au sein du cinéma, et régissent depuis bien longtemps tout ou partie des œuvres qui en relèvent. Non, c’est même pas ça. Et je ne suis pas non plus venu vous enquiquiner en rappelant combien la littérature est également sous l’empire de semblables considérations. Mais ce n’est pas l’envie qui manque.

Et bah non. Ce n’est pas ce qui m’a frappé à la lecture des mots de Matt Damon. Pas du tout. Tout comme j’ai à peine relevé la morgue amusée qui était la sienne au micro de Rogan, ex-MAGA ravi de la crèche feignant de découvrir ces jours derniers que le feu brûle, ou que les fascistes sous stéroïdes ne sont pas des hérauts du peuple. Non, ce qui m’a frappé, c’est que, peut-être, nous n’avions collectivement pas compris ce que voulait dire Damon.

En rendant compte des pressions exercées par Netflix, dont je ne doute pas une seule seconde, Damon ne nous dit pas combien Joe Carnahan, Ben Affleck et lui ont souffert durant la production de The Rip. Non, il nous dit dans quel cadre l’équipe créative a dû réfléchir, et témoigne en creux du brio, voire du génie avec lequel elle s’en est accommodée.

The Rip nous immerge au sein d’une unité de la police de Miami consacrée à la lutte contre le narcotrafic, habilitée à interrompre les activités illégales en mettant la main sur des produits stupéfiants, ou les sommes d’argent liquide générées par le trafic avant blanchiment. Le récit s’ouvre sur le meurtre de la capitaine de l’unité en question, alors qu’elle tente de transmettre des informations capitales. Peu après, son équipe, soupçonnée tant par les autorités fédérales que l’ensemble des forces de police d’être liée à l’assassinat de la capitaine, met la main, à la faveur d’un tuyau douteux, sur plusieurs dizaines de millions de dollars dissimulés dans une planque.

Voyez-vous ça. Un meurtre sauvage pour ouvrir le récit. Nous tenons notre scène d’action initiale. Une petite équipe d’hommes et de femmes confrontés à cette équation première et de la tragédie et du cinéma d’action : faire face à une opportunité — l’argent — telle qu’elle redéfinit instantanément et perpétuellement les principes, donc les actions, et donc le sens de celles-ci.

Dès lors, voici une demi-douzaine de personnages, doutant les uns des autres, se soupçonnant les uns les autres, alors que le décor se métamorphose, passant de forteresse à piège à loups. Autant de personnages qui passent donc leur temps à répéter, nuancer, définir, redéfinir les enjeux et donc l’intrigue. Ajoutez à ce tableau quelques montées de tensions et attaques, et vous tiendrez précisément la résolution de l’équation demandée par la plateforme, telle que la décrit Matt Damon.

Allez, allons encore un chouïa plus loin. Damon, comme s’il opposait une recette narrative classique, ou noble, à celle de Netflix, indique que traditionnellement, un film d’action se devait de contenir trois “set pieces”, trois morceaux de bravoure. Et bah vous savez quoi, The Rip, pourtant pur produit des exigences du géant de la SVoD, en contient précisément trois.

Qu’en conclure ? Que The Rip est un honteux machin de commande dénué d’âme ? Un chef d’oeuvre de série B ? La réponse vous appartient, mais le plus malin serait peut-être de remarquer que le film, pur produit de son époque, de son temps, en triomphe et s’y impose précisément parce qu’il témoigne de ce qui est, fut, et sera encore le champ de mines promis à tous les conteurs : devoir narrer une histoire capable de jongler avec les attendus d’un espace hostile, aux règles absurdes ou arbitraires, pour que les balles ne heurtent jamais le spectateur ou le jongleur, et nous laissent accroire que jamais elles ne retomberont.



Celles et ceux qui aiment tant la saison des prix attendaient ça avec une impatience folle : les nominations pour les 98e Oscars viennent de tomber. On ne va pas tout résumer ici, un clic ici permet d’avoir tous les films nommés. De même qu’on évitera d’évoquer les records cités à peu près partout, les médias faisant (légitimement) leur beurre dessus.

Revenons plutôt concrètement sur ce qui nous plaît, nous plaît moins, et celles et ceux qui vont manquer à la fête :

Vous ne voyez pas double, c’est bien eux qui roulent sur la concurrence (© Warner Bros.)

Oscar du Meilleur film

On est contents : Valeur Sentimentale, L’Agent Secret et Train Dreams. On n’avait pas vraiment de doute (sauf pour le dernier), mais on est quand même contents.

On est moins contents : Alors pardon, mais F1 n’a (vraiment) rien à faire là. On déteste pas hein, mais sérieusement, pour l’Oscar du Meilleur film ?

Les oubliés : Un simple accident, Palme d’or quand même. Ou même The Smashing Machine, récompensé à Venise, qu’on pensait être une évidence jusqu’au flop en salle. Et quitte à nommer F1, autant aller sur Avatar aussi non ?

Oscar de la meilleure réalisation

On est contents : Oui, on est contents.

On est moins contents : Non, je vous assure, on est vraiment contents.

Les oubliés : Récompensé pour sa réalisation à Venise et snobbé aux Oscars ? Poor Benny Safdie. Même si on ne voit pas trop qui évincer pour lui céder la place.

Oscar du Meilleur acteur

On est contents : Wagner Moura, clairement. Et puis, notons que DiCaprio est rarement nommé pour ses bons films, donc on peut saluer ça.

On est moins contents : Ethan Hawke. Si ça se trouve, sa performance est exceptionnelle. Mais encore faudrait-il que l’on puisse le voir en France pour s’en faire une idée. Est-ce qu’on fait la tronche de ne pas voir le dernier Linklater ? Peut-être.

Les oubliés : The Rock. Qu’on aime ou pas le biopic de Mark Kerr, sa performance aurait dû lui ouvrir le chemin des tapis rouges des Oscars tout de même. Et une pensée émue pour Jesse Plemons, toujours dans les plans galères de Yórgos, jamais aux Oscars.

Oscar de la Meilleure actrice

On est contents : Renate Reinsve, évidemment. Et Rose Byrne aussi — oui alors, vous me direz, le film n’est toujours pas sorti chez nous, et vous auriez raison. Mais Sophie a vu le film et elle trouve sa place légitime donc chuuuuut.

On est moins contents : Kate Hudson. 100% mauvaise foi, puisqu’aucun de nous 5 avons vu le film, mais difficile de ne pas être étonné de la voir ici ; et au passage surprise de ne pas voir…

Les oubliés : Eva Victor ! JUSTICE POUR SORRY BABY ! CHASE INFINITY AUSSI ! PURÉE DE POMME DE TERRE, C’EST ELLE QUI PORTE LE FILM !!!!!! Pardon.. Et aussi, puisqu’on peut nommer des actrices de films d’horreur maintenant (et tant mieux), bah on aurait pu mettre une pièce sur Sally Hawkins. Non ?

Pète leur la gueule Chase, vas-y on est derrière toi (© Warner Bros.)

Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle

On est contents : Wunmi Mosaku, qui mérite complètement. Et malgré les avis divergents sur le film, difficile de ne pas se ravir pour la nomination d’Amy Madigan.

On est moins contents : On adore le film, on adooooooooooooore le film, mais deux nominations pour Valeurs Sentimentale, ça vole forcément une place. On est plus que ravis pour Inga Ibsdotter Lilleaas, qui ne démérite absolument pas. On l’est aussi pour Elle Fanning, même si on aurait préféré voir…

Les oubliés : Odessa A’Zion, vraie révélation de Marty Supreme, qu’on pensait vraiment voir ici.

Oscar du meilleur acteur dans un second rôle

On est contents : Delroy Lindo, on n’y croyait pas et on est ravis !

On est moins contents : Non, globalement, on est contents. Et oui, on se contredit avec les doubles nominations pour un même film (Benicio del Toro et Sean Penn sont nommés tous les deux pour le PTA), mais c’est notre newsletter, on fait ce qu’on veut !

Les oubliés : Il semblait évident, et pourtant, on n’aura pas de Paul Mescal. On pourrait discuter pour la nomenclature de Second Rôle pour Hamnet mais bon. Après, en vrai, on préfère Delroy Lindo pour le symbole.

Oscar du meilleur scénario original

On est contents : Valeurs Sentimentales, parce que Trier, et Sinners, parce qu’on est contents qu’un film de genre de grande ampleur qui épouse une mythologie rarement évoquée au cinéma soit célébré pour son écriture.

On est moins contents : Blue Moon, parce qu’on l’a toujours pas vu. Oui on se répète mais voilà. Et on pourrait s’interroger sur Marty Supreme, qui se base très largement sur l’autobiographie de Marty Mauser. La nuance est floue.

Les oubliés : Les grands oubliés même. Eddington et Sorry Baby, snobbés de l’édition 2026. Injustice partout, Aster et Victor nulle part.

Oscar du meilleur scénario adapté

On est contents : Frankenstein. Bête d’adaptation qu’importe les griefs des uns et des autres.

On est moins contents : À l’inverse de Marty, il semblerait que Paul Thomas Anderson se soit très, très, très, très, éloigné du texte de base. Donc bon…

Les oubliés : Un autre grand oublié, qu’on aime ou non, mais côté adaptation, The Life of Chuck se pose là quand même.

Oscar du meilleur film d’animation

On est contents : Arco et Amélie, cocorico cocorico.

On est moins contents : Le reste ? On trolle qu’à moitié, parce que même si certains défendent Zootopie 2 et Elio, et qu’on saisit évidemment le phénomène qu’est devenu K-pop Demon Hunters, ce ne sont que des énormes blockbusters produits par des majors. En fait, on est pas mécontents de les voir ici, c’est logique et normal. Notre frustration provient plutôt du fait qu’on sait d’avance que le film Netflix va repartir avec la statuette à la place d’Ugo Bienvenue, et on a le seum.

Les oubliés : Il y a eu côté animation japonaise des films comme Chainsaw Man qu’on aurait aimé voir nommé, à minima, sans trop y croire.

Oscar du meilleur film étranger

On est contents : Sirāt. On espérait le voir ailleurs, le voir ici nous rassure au moins.

On est moins contents : Vous connaissez notre avis sur La Voix d’Hind Rajab, pas besoin d’en dire plus.

Les oubliés : Si on zieute dans les 15 présélectionnés, petit pincement au cœur pour Les échos de passé, même si on y croyait pas trop. Pareil pour Left-handed Girl. Mais surtout pour Park Chan-wook, et son No Other Choice, qui avait pourtant belle presse et avait toutes les chances de son côté.

Il faut les choquer en fait, vas-y Lee Byung-hun (© ARP Sélection)

Rendez-vous dans la nuit du 15 au 16 mars 2026 pour voir qui repartira avec les plus célèbres des statuettes dorées. Même s’il risque d’avoir assez peu de surprise…

Si ces actus vous intéressent, vous pourrez écouter notre épisode de lundi où on reviendra rapidement sur ces deux cas, mais aussi sur

LES FILMS À VOIR (ET À ÉVITER) CETTE SEMAINE

Parce qu’une image parle mieux que mille mots…

Oui, on aimerait les bourineries Netflix, et alors ?

Pour entendre les débats, arguments et analyses de chacun de ses films, notre épisode hebdomadaire est disponible sur toutes les plateformes de streaming ou de podcast, juste ici.

LES RECOMMANDATIONS CULTURELLES DE LA SEMAINE

Cette semaine, Nicolas vous recommande The Boyfriend, une télé-réalité queer japonaise sur Netflix toute en douceur et en délicatesse. Si si, on vous jure, ça existe.

Alexis, lui, vous conseille la série en sept épisodes de podcast de France Inter sur Jean-Marie Le Pen, l’obsession nationale — parce qu’il trouve qu’on manque de programmes sur les fachos visiblement.

Sophie parle quant à elle de la nouvelle série de Ryan Murphy, The Beauty. On sait qu’il sort un truc tous les trois mois, mais en trois épisodes mêlant X-Files et The Substance, il a réussi à attraper notre sériephile de la bande, et ça, c’est pas rien !

Simon voulait revenir sur l’ouverture du Musée du Jeu Vidéo à Arcueil, qui en plus de présenter une collection impressionnante, permet aux visiteur•e•s de tester les jeux. Tentant, on est d’accord.

Arthur enfin évoque La Guerre des Lucas 2, la suite de la BD déjà évoquée par Alexis il y a quelques mois. Renaud Roche et Laurent Hopman décrivent avec beaucoup de précision comment ce qui devait être un moment de répit pour George Lucas, à savoir pondre une suite de son Star Wars, s’est transformé en une galère sans nom.

(© Netflix / Radio France / Disney+ / Musée du Jeu Vidéo d’Arcueil / Delman Éditions)

VOTRE PROGRAMME TÉLÉ OU VOD

Chaque semaine, on scrute le programme télé ou des nouvelles arrivées sur les plateformes de streaming pour vous trouver un film qui serait passé sous votre radar. Parce qu’il n’y a pas que l’Amour est dans le pré dans la vie, et que les gros blockbusters, ça va deux minutes.

Et cette semaine, figurez-vous qu’un film traité dans l’émission, qu’on adore et dont on estime que le succès n’était pas à la hauteur de la réussite de l’entreprise, se retrouve en prime time un dimanche soir sur TF1 ! Misantrøpe, de Damián Szifrón, sorti en 2023, sera diffusé le dimanche 25 janvier à 21h10 sur la première chaîne.

Derrière ses apparences de thriller banal, ce polar noir nerveux du cinéaste derrière Les nouveaux sauvages est plus malin qu’il n’en parait, en tordant les stéréotypes du genre qu’il convoque — notamment avec son personnage de chef, ou avec son dernier arc.

Un vrai dimanche soir pluvieux d’hiver sous un plaid avec son thé comme on les aime, en fait.

UN PEU DE PATRIMOINE ?

Cette semaine, on revient sur une des sorties patrimoine les plus touchantes et importantes de 2025 : Yi Yi d’Edward Yang. Dernier film du porte-étendard de la Nouvelle Vague Taïwanaise, reparti avec un Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes en 2000, ce chef-d’œuvre (considéré comme tel par une partie de l’équipe tout du moins) mérite d’être plus connu et reconnu d’une frange des cinéphiles ignorant encore la puissance du récit de Yang.

38 minutes qui reviennent sur la figure de Yang, son parcours, sa place au milieu de la grande histoire du cinéma chinois, ce qui fait de ce film testamentaire un grand geste de cinéma intimiste et universel et sa perception lors de sa sortie. Rendez-vous mardi juste ici.

Beau à crever mon dieu…

LE BONUS HEBDO

Chaque semaine, on vous concocte un petit bonus. Un truc en plus, à vous mettre sous la dent. Parce qu’on est comme ça, dans le don de soi, pour vous autres abonné•e•s. Et cette semaine, Simouna la médium vous propose un horoscope… Disons à sa sauce….

BÉLIER : Mars s’approche de votre double lune en Capricorne. Ce n’est pas parce que ça ne veut rien dire que vous devriez accepter cette copro avec le Groenland. 

VENTOUSEUR : Ne toquez pas à la fenêtre de cette voiture, ne demandez pas au monsieur avec le masque de cochon s’il peut se garer ailleurs. Vénus n’est pas votre alliée, et ce grec froid non plus.  

BALANCE : La chance est avec vous. Peut-être que si vous vous abonnez à Réalisé sans trucage et le faites passer sur le compte d’exploitation de cette comédie avec Dany Boon, personne ne s’en rendra compte. Peut-être. 

GÉMEAUX : Vous êtes deux. Profitez-en, pas comme les frères Coen. Et pas non plus comme les Safdie. Et si vous êtes deux dans votre tête, dites-vous que c’est quand même un sacré putain de truc l’horoscope.

ASSISTANT IA : Vous n’allez évidemment pas perdre votre travail, parce que vous ne m’avez rien demandé, et que le chef n’a toujours pas compris ma réponse au sujet de Jupiter. Et non, je ne répondrai pas à ce prompt à base de Didier Bourdon et de Saindoux vegan. Non.


Merci de votre lecture, on se retrouve sur nos réseals socials (InstagramBluesky ou TikTok), sur vos plateformes d’écoute de podcast préférés et la semaine prochaine dans votre boîte mail.

Et gloire aux Fourberies de Scapin

De l'actu, du cinéma et le tout sans trucage

Par Réalisé sans trucage

À propos de Réalisé sans trucage

Réalisé sans trucage est un podcast crée en 2023 qui décrypte les sorties de la semaine chaque vendredi, traite de l’actualité du cinéma tous les lundis, et aborde un film de patrimoine tous les mardis.

Les abonnés Supercast ont en plus un épisode bonus chaque mercredi.

Le podcast est constitué d’Arthur Cios, Sophie Grech, Nicolas Martin, Simon Riaux et Alexis Roux.