On a vu et classé les 97 (!) Oscars du Meilleur film, du pire au meilleur — et c'est très long

Les marathons d'Arthur s'enchaînent et se ressemblent. On vous prévient, ça va être une très (très) longue newsletter.

Chaque samedi, on décortique l’actu ciné de la semaine — et on parle de films, aussi.

Au menu cette semaine, on regarde dans le rétroviseur avant les Oscars de dimanche, on fait nos pronostics, on lit des bouquins divers et variés, on décortique les strip-teases de Channing Tatum, on se refait un des grands docus de ces dernières années, on analyse un des meilleurs Varda, et on parle Palme d’or (il est jamais trop tôt).

LES ACTUS DE LA SEMAINE

Vu que ce qui va suivre va être extrêmement long, je vais faire court en introduction. Depuis plusieurs mois, je (Arthur, je précise que j’écrirai à la première personne ici) me suis lancé dans un marathon comme je les adore : rattraper tous les Oscars du Meilleur film. Sur les 97 films récompensés, il m’en manquait 56. Après une centaine d’heures de visionnage, et beaucoup de réflexion, voilà le classement, du moins bon au meilleur. Vous n’allez sûrement pas être d’accord, c’est le principe.

J’ai essayé de faire court, si vous préférez la version Letterboxd, plus visuelle et avec moins de blabla, la liste est disponible juste ici.

#97. Collision, de Paul Haggis — Oscar de 2006 : honteux, film sur l’Amérique post 11 septembre à la finesse d’un Simon Riaux en fin de soirée de clôture à Cannes, qui a battu de bien meilleurs films comme Munich ou Brokeback Mountain. Bruh.

#96. Cavalcade, de Frank Lloyd — Oscar de 1934 : embarrassant film assez fade, subtil pour pas un sou. La légende raconte que c’était le film préféré d’Hitler. Voilà.

#95. Broadway Melody, d’Harry Beaumont — Oscar de 1930 : vous pensez que votre comédie musicale ou film dansé préféré est daté ? Vous n’avez pas vu ces 100 minutes de chansons et numéros fort oubliables, qui ne raconte pas grand-chose et qu’on a déjà oublié.

#94. Gigi, de Vincente Minelli — Oscar de 1959 : outre le fait que ce film ait battu La Chaîne qui est un film bien plus important, rappelons que ce Minelli fade, paresseux et gênant est aussi et surtout bien problématique avec sa première chanson “Thanks Heaven the little girl”. Pas bien vieilli celui-là.

#93. La Ruée vers l’Ouest, de Wesley Ruggles — Oscar de 1931 : difficile de qualifier de réac un film des années 30, surtout quand il se voulait progressiste à l’époque, mais ce film était un visionnage douloureux.

#92. Miss Daily et son chauffeur, de Bruce Beresford — Oscar de 1990 : on comprend bien que l’Académie a cru se donner bonne conscience en récompensant ce film en vérité moyen et déjà daté, alors qu’on avait en face Le Cercle des poètes disparus

#91. Le Grand Ziegfield, de Robert Z. Leonard — Oscar de 1937 : je sais ce que vous vous dites, les films des années 30 sont tous nuls ou quoi ? Presque. Là, on a quelques longs et beaux numéros cirque au milieu d’une intrigue dont on se fout complet. Pendant plus de trois heures tout de même…

#90. Green Book, de Peter Farrelly — Oscar de 2019 : si on retire l’horrible Bohemian Rhapsody, cette relecture de Miss Daisy pas très pertinente a battu Black Panther, BlacKkKlansman, La Favorite, Roma, A Star Is Born et Vice. Rarement a-t-on à ce point récompensé le pire film de la compétition.

#89. Argo, de Ben Affleck — Oscar de 2013 : si vous voulez rire un coup, dites à Sophie Grech que votre film préféré est Argo. Vous en aurez pour votre argent. Dire que ce film malhonnête et bas du front a pu battre Zero Dark Thirty ou Django Unchained

#88. Un homme d’exception, de Ron Howard — Oscar de 2002 : aïe aïe aïe, ouille ouille ouille. 2001, c’était il n’y a pas si longtemps. Et pourtant, qu’est-ce que ça a mal vieilli…

#87. Le Tour du monde en quatre-vingts jours, de Michael Anderson — Oscar de 1957 : dites-vous que cette adaptation longue de trois heures et ennuyante comme pas deux a battu Les dix commandements

#86. Le discours d’un roi, de Tom Hooper — Oscar de 2011 : 127 Heures, Black Swan, Inception, The Social Network, Toy Story 3, True Grit… Non, et si on récompensait plutôt le film bancal d’un type qui fait n’importe quoi avec sa caméra pour raconter un récit de propagande monarchiste mid au possible ?

#85. Madame Miniver, de William Wyler — Oscar de 1943 : Wyler a remporté trois Oscars du Meilleur film, sur 13 films nommés, un double-record. Pourtant, vous n’avez jamais entendu parler de ce récit qui raconte comment les bourgeois ont souffert pendant la Guerre. C’est peut-être pas plus mal…

#84. Le Patient anglais, d’Anthony Minghella — Oscar de 1997 : Pas mauvais en soi, mais pas au niveau face au reste du classement, et de l’édition 97 (Fargo quand même…). Dire qu’on se plaint des films trop longs aujourd’hui, on n’oublie juste à quel point c’était déjà le cas il y a 30 ans (et il y a 80 ans).

#83. My Fair Lady, de George Cukor — Oscar de 1965 : film culte mais que reste-t-il du film à part une grande Audrey Hepburn, des chansons pas fofolles, des numéros mis en scène sans grande inventivité, et un récit au mieux classiste au pire sexiste de près de 3 heures ?

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#82. Tendres passions, de James L. Brooks — Oscar de 1984 : on sait qu’on ne fait pas consensus mais le récit mère/fille n’a pas totalement pris chez nous. Après, vu la tronche de la compétition cette année-là, à part Les Copains d’abord qu’on adore, c’est pas non plus déconnant…

#81. Autant en emporte le vent, de Victor Flemming — Oscar de 1940 : j’ai en réalité un peu de mal à comprendre pourquoi ce film de quatre heures est devenu aussi culte. Je vois bien l’ampleur du récit, ou de certaines scènes, mais ça reste un récit de gens détestables qui croit en l’American Dream en étant nostalgique de l’esclavagisme et du sud d’antan…

#80. Shakespeare in Love de John Madden — Oscar de 1999 : il fallait bien un Weinstein pour réussir à faire du lobbying pour qu’un film intéressant 15 minutes puisse battre l’un des meilleurs Spielberg (Il faut sauver le Soldat Ryan), l’un des meilleurs Malick (La ligne rouge) et plus encore…

#79. Les Révoltés du Bounty, de Frank Lloyd — Oscar de 1936 : plutôt solide et intéressant sur l’Histoire vraie d’une révolte au sein d’un bateau de guerre, sans être non plus renversant. Un film moyen+, mais dont le visionnage peut valoir le détour.

#78. La Route semée d’étoiles, de Leo McCarey — Oscar de 1945 : joli récit sans surprise d’un prêtre qui va remettre de l’ordre dans sa nouvelle paroisse dans un coin pauvre de New York. De là à battre Assurance sur la mort de Wilder ou Hantise de Cukor, bon…

#77. Out of Africa, de Sydney Pollack — Oscar de 1986 : un film qui oublie la place des colons dans l’Afrique du début du XXe siècle, pour se concentrer sur un récit de bourgeois blancs peu intéressants… Et puis, au milieu, après 1h30 d’ennui mais toujours bien photographié, une scène de shampoing absolument magnifique. Purée les années 80, c’est quelque chose.

#76. Les Chariots de feu, d’Hugh Hudson — Oscar de 1982 : quand tout ce dont on se souvient de ton film, c’est ta chanson de générique, c’est rarement bon signe. 45 ans plus tard, Indiana Jones est devenu turbo culte, Reds est vu par certains (dont moi) comme l’un des plus grands films des années 80. Comme quoi, l’Oscar ne fait pas tout…

#75. Les Fous du roi, de Robert Rossen — Oscar de 1950 : à ce niveau-là de lecture, vous vous dites sûrement que j’invente des films. Et je comprends. Pas le plus honteux néanmoins, récit classique de la corruption du pouvoir qui ne démérite pas. Mais dans le lot, loin d’être le plus mémorable.

#74. Oliver !, de Carol Reed — Oscar de 1969 : 20 ans après l’extraordinaire Le Troisième Homme avec Orson Welles, Reed pond une comédie musicale très ancrée dans les années 60 sur Oliver Twist. Film très appréciable, malgré des numéros oubliables ; à l’instar de Funny Girl, qui aurait du choper la statuette…

#73. Tant qu’il y aura des hommes, de Fred Zinnemann — Oscar de 1954 : basé sur le même roman qu’adaptera Terrence Malick plus de 40 ans après avec La Ligne rouge, le film de Zinneman impressionne moins que les autres films qu’il a pu faire mais reste un Oscar honnête ; après, j’ai pas vu Vacances Romaines, peut-être le méritait plus…

#72. Anora, de Sean Baker — Oscar de 2025 : Je suis désolé, Sophie et tous les Bakerzouze. Je trouvais déjà la Palme pas mérité, mais là, je pense même que, à l’exception de Wicked, n’importe quel film de la compétition se serait retrouvé plus haut que ce film que je ne déteste pas pour autant.

#71. Rain Man, de Barry Levinson — Oscar de 1989 : dans la catégorie film qui veut bien faire mais est maladroit et bien daté, celui-ci se place bien. Même s’il est culte et qu’on comprend facilement pourquoi, le fait qu’il ait battu Mississippi Burning me désole.

#70. Gandhi, de Richard Attenborough — Oscar de 1983 : quand on imagine un biopic à Oscar, c’est exaaaaaaactement le genre de films que l’on a en tête. C’est dommage parce que le film n’est pas raté du tout. Mais bon, battre E.T. l’extra-terrestre, c’est dur. Et spoiler : le Costa-Gavras qui avait la Palme d’or en compétition cette année, Missing, est largement supérieur. Mais bon, vraiment le film à Oscar par excellence, que voulez-vous.

#69. CODA, de Sian Heder — Oscar de 2022 : pareil, un pur film à Oscar. Pas détestable pour un sou, meilleur que La famille Bélier (cette phrase), mais bon, pas vraiment du grand cinéma non plus quoi. Oscar du Meilleur film, sans déconner. Surtout quand on a en face Licorice Pizza, West Side Story, The Power of the Dog, Dune, Nightmare Alley, Drive My Car

#68. Slumdog Millionaire, de Danny Boyle — Oscar de 2009 : pareil, évidemment que Benjamin Button est largement supérieur à ce film qui, malgré toute la sympathie qu’il me procure et le bon moment que je passe devant, est balisé au possible je trouve. Ce qui est plus étonnant, c’est que pour le coup, The Reader et Harvey Milk étaient bien calibrés pour les Oscars. Et les deux sont meilleurs, je trouve. Mais bon, sûrement le prix de la bonne conscience de l’Académie.

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#67. Un homme pour l’éternité, de Fred Zinnemann — Oscar de 1967 : film procédural en costume sur un épisode important du règne d’Henry VIII, avec un peu plus de vivacité que l’autre Zinnemann présent dans cette liste, j’ai du mal à comprendre qu’il ait pu battre Qui a peur de Virginia Woolf ?.

#66. La Vie d’Émile Zola, de William Dieterle — Oscar de 1938 : raconter la vie de Zola, et surtout son engagement dans l’affaire Dreyfus, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, est un geste qui mérite un Oscar. Le film n’est pas mémorable, loin d’être mauvais pour autant. On retient plus la symbolique du prix, en réalité.

#65. Sous le plus grand chapiteau du monde, de Cecil B. DeMille — Oscar de 1953 : pour le coup, on ne comprend pas la détestation ici. L’histoire se suit avec plaisir, les numéros sont impressionnants, ça joue pas mal et la fameuse séquence de l’accident de train est impressionnante. Trop de trames, trop long, trop… Mais rien que pour l’amour du cinéma qu’il a procuré à un certain Steven Spielberg, il mérite une place honorable ici.

#64. Patton, de Franklin J. Schaffner — Oscar de 1971 : film courageux qui décrit le parcours d’un général odieux mais talentueux, dévoilant l’enfer derrière le conflit, en plein milieu du Vietnam. Et en même temps, film daté par rapport à sa date de sortie. Peu de concurrence en face cette année-là, mis à part Cinq Pièces faciles que je n’ai pas encore vu. Oscar compréhensible, peut-être même mérité.

#63. À l’ouest rien de nouveau, de Lewis Milestone — Oscar de 1930 (oui, il y en a eu deux cette année-là, à deux cérémonies différentes) : On retient surtout des séquences de batailles qui, 85 ans plus tard, sont encore sacrément solide. Genre, vraiment.

#62. The Artist, de Michel Hazanavicius — Oscar de 2012 : écoutez, moi je ne déteste pas le film du tout, je le trouve même assez chouette, et je trouve le prix logique. Oui, Weinstein est derrière, mais en terme de film à Oscars, cette année, à part La Couleur des sentiments (l’enfer), je vois pas. Après attention, je préfère largement The Tree of Life ou Le Stratège, cela va sans dire.

#61. Rebecca, d’Alfred Hitchcock — Oscar de 1941 : la seule statuette du Meilleur film du cinéaste culte, pour un film qui est loin d’être son meilleur ; même s’il faut reconnaître le film vraiment malin et fort, jusqu’à cette fin qui gâche un peu tout pour moi. Le fait est que, pour le coup, le courage politique aurait été de récompenser Le Dictateur de Chaplin vu l’époque, mais bon, on ne peut pas tout avoir.

#60. Tom Jones, de Tony Richardson — Oscar de 1964 : film traité avec beaucoup d’injustice alors que résolument moderne, léger certes, mais plaisant avec ce récit d’amour déjà vu mais où tout le monde se met à l’ouvrage avec joie. On ne fera pas les difficiles — si ce n’est qu’il a battu Cléopâtre, ce qui est fou.

#59. Le Mur invisible, d’Elia Kazan — Oscar de 1948 : post Seconde Guerre Mondiale, le cinéma a beaucoup parlé du conflit, du traumatisme de la guerre et des morts. Peu ont évoqué la question de l’antisémitisme, et le geste de Kazan, racontant l’histoire d’un journaliste se faisant passer pour un juif pour se confronter aux discriminations, ne peut être que salué. Pas le plus grand Kazan, ni le meilleur Oscar, mais plus que solide.

#58. Annie Hall, de Woody Allen — Oscar de 1978 : je vous vois lever les yeux au ciel, surtout Alexis et Sophie. Je suis désolé, je vois la qualité d’écriture, les innovations narratives, l’histoire est belle. Mais je suis mal à l’aise à certains endroits par la figure d’Allen. Et puis, désolé mais le premier Star Wars était nommé, et je dis pas qu’il le méritait plus. Mais il me semble qu’il y en a un qui a davantage innové et été important, un vrai marqueur de son époque, que l’autre. C’est serré, mais vous avez compris.

#57. Vous ne l’emporterez pas avec vous, de Frank Capra — Oscar de 1939 : La Grande Illusion est un bien meilleur film, mais il fallait rêver pour voir un film français remporte le grand prix à cette époque. Surtout que le Capra, qui raconte une bien belle histoire d’amour dans un contexte familial tiraillé qui parle d’idéalisme américain fort optimiste, est un sacré bon Oscar. Mais bon, on peut rêver.

#56. Le Dernier Empereur, de Bernardo Bertolucci — Oscar de 1988 : biopic à Oscar, de plus grande ampleur que Hope and Glory (qui reste un meilleur film), le prix est logique. L’histoire de ce dernier empereur de Chine est folle. Même si la mise en scène de Bertolucci est bloquée par le gigantisme de ce qui est raconté, et que je préfère largement Moonstruck, c’est un prix qui fait sens.

#55. Chicago, de Rob Marshall — Oscar de 2003 : on sait que le film a ses adorateur•rice•s, et on le comprend. Les chorégraphies et les chansons sont mortelles, le propos est solide, ça joue bien. Sûrement un film que j’aurais dû revoir, pas eu le temps désolé j’avais une cinquantaine d’Oscars à découvrir en moins de trois mois. Le fait est que j’en ai un souvenir d’un film un chouïa surcôté ? Désolé désolé désolé — et puis on préfère Gangs of New York, tout simplement.

#54. Un Américain à Paris, de Vincente Minnelli — Oscar de 1952 : oui oui baguette, paris, arc de triomphe, la Seine. Cliché ? Totalement. Cool ? Absolument. Gene Kelly peintre à Montmartre, il faut le voir au moins une fois dans sa vie. Juste, la notion de consentement est un peu malmenée, ce qui nous empêche de le mettre plus haut.

#53. Platoon, d’Oliver Stone — Oscar de 1987 : on commence à rentrer dans le dur, à partir de maintenant on a plus que des bons films. Et s’il n’a pas la finesse d’écriture d’un Apocalypse Now, le voyage au Vietnam demeure froid, brutal et marquant.

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#52. Grand Hotel, d’Edmund Goulding — Oscar de 1932 : ok donc là, on est sur 1) le premier film à gros casting de l’Histoire 2) un précurseur du film choral, qui veut raconter la société américaine à travers le lobby d’un hôtel. Bah chapeau. On s’ennuie par moment, mais ça reste solide.

#51. Hamlet, de Laurence Olivier — Oscar de 1949 : vous connaissez la pièce ? Alors vous connaissez le film. Mais Olivier réussit à user de sa mise en scène pour proposer des visions vraiment marquantes, notamment le fantôme du père. Après, de là à battre Les Chaussons rouges, ou Le Trésor de la Sierra Madre, on ne sait pas.

#50. Démineurs, de Kathryn Bigelow — Oscar de 2010 : le film que j’aurais dû revoir, parce que je l’aurais sûrement placé plus haut. Pas eu le temps, donc il faut bien le mettre quelque part. Après, je crois que je préfère quand même malgré tout pas mal de films nommés cette année-là (Avatar, District 9, Inglourious Basterds, Là-haut…).

#49. Les Ailes, de William A. Wellman — Oscar de 1929, le tout premier : le film qui fait réaliser que Top Gun Maverick n’a rien inventé, puisque Wellman le faisait 95 ans (!) avant. Placer des caméras dans des cockpits, pondre l’un des travellings les plus connus de l’Histoire, et faire vraiment exploser des maisons, vous font oublier toutes les faiblesses d’un récit. Impressionnant de bout en bout.

#48. Le Poison, de Billy Wilder — Oscar de 1946 : pas le plus connu des Billy Wilder, à tort. Un des rares films à avoir eu Palme d’or + Oscar du Meilleur film, c’est pas rien. Ce récit sur fond d’alcoolisme ne démérite pas, toujours écrit avec finesse en maniant les genres. On espère que vous le découvrirez rapidement.

#47. Sur les quais, d’Elia Kazan — Oscar de 1955 : ce n’est pas un mythe, ce que fait Brando est tellement en avance sur son temps, que le film en est vertigineux. En plus d’un propos politique fort. Dommage que le film soit juste une manière de se racheter du cinéaste après avoir balancé tout un tas de collègues au gouvernement McCarthyste dans sa chasse aux sorcières…

#46. Danse avec les loups, de Kevin Costner — Oscar de 1991 : film de son époque, au propos politique et historique important. Oscar compréhensible, pour un vrai bon film. Est-ce qu’on préfère Les Affranchis qui était également nommé ? Mille fois.

#45. 12 Years a Slave, de Steve McQueen — Oscar de 2014 : pareil, un film de son époque, qui a su mettre l’Amérique face à ses horreurs au moment opportun. Pas le meilleur film de la compétition (Her, Le Loup de Wall Street, Gravity), mais un Oscar logique, et mérité.

#44. Les Plus Belles Années de notre vie, de William Wyler — Oscar de 1947 : sûrement qu’il était trop difficile de récompenser un film aussi optimiste que La vie est belle de Capra, et qu’à la sortie de la guerre, cette histoire, assez bouleversante, de trois soldats ne réussissant pas à revenir à la vie civile était plus marquante. On comprend, on respecte, et on aime les deux films de toute façon. Pas autant, mais on aime.

#43. Nomadland, de Chloe Zhao — Oscar de 2021 : j’adore Mank, j’aime beaucoup Minari et je défendrai bec et ongles Promising Young Woman mais le film de Zhao était au-dessus de la compétition. Pour son ambition esthétique, son propos sur les laissés au bord de la route du capitalisme américain, son réalisme naturaliste. Un vrai bel Oscar.

#42. L’Arnaque, de George Roy Hill — Oscar de 1974 : voir un jeune Robert Redford et un Paul Newman à moustache enchaîner les arnaques, de plus en plus invraisemblables (jusqu’à ce superbe final) est un plaisir sans faille. Mais soyons réalistes deux minutes : qu’il ait battu L’Exorciste (!!!!), American Graffiti (!) et Cris et chuchotement (je l’ai pas vu) semble un peu déconnant.

#41. Million Dollar Baby, de Clint Eastwood — Oscar de 2005 : Eastwood comprend que le film à la sauce biopic (ici, pas basé sur une histoire vraie mais un bouquin) n’est pas que le récit d’une vie, d’un parcours, hors du commun. Derrière le destin de son personnage, le cinéaste évoque tout un tas de thématiques qui lui sont chers. Pas son meilleur, mais un Oscar pas volé.

#40. Midnight Cowboy, de John Schlesinger — Oscar de 1970 : sombre, pertinent sur le regard qu’il porte sur l’Amérique de son époque, fer de lance du Nouvel Hollywood, Midnight Cowboy est un film important, même si ça ne veut pas dire grand chose. Certain•e•s pourront être outré•e•s de sa place ici, personnellement j’ai largement préféré Z de Costa-Gavras, nommé cette année là également, mais je réalise bien évidemment l’importance sociale du film et la légitimité du prix.

#39. Braveheart, de Mel Gibson — Oscar de 1996 : on reviendra pas sur le fait que le chef d’œuvre de Scorsese, Casino, n’ait même pas été nommé (alors que Babe le cochon l’était, mais bref). Dans le lot, le récit épique de William Wallace partant d’une vengeance pour sa bien-aimée jusqu’à la libération de l’Écosse du joug anglais est largement au-dessus du reste. “FREEDOM” comme dirait l’autre.

#38. Rocky, de John G. Avildsen — Oscar de 1977 : est-ce que le geste de cinéma à l’impact culturel gigantesque méritait d'être récompensé ? Oui. Est-ce qu’il s’agit d’un meilleur film que Network ou Taxi Driver ? Non. Est-ce grave ? Non. Est-ce que j’ai vu En route pour la gloire ou Les Hommes du président que j’ai bien omis de l’équation ici ? ………

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#37. Qu’elle était verte ma vallée, de John Ford — Oscar de 1942 : on associe bien trop John Ford au western. On oublie qu’il a fait bien d’autres types de films. Le film que son seul Oscar soit pour un drame historique sur les combats générationnels de la classe ouvrière du Pays de Galles des années à la fin du XIXe siècle est fou. Peut-être pas au point de battre Citizen Kane, certes, mais tout de même.

#36. American Beauty, de Sam Mendes — Oscar de 2000 : beaucoup ont tenté de démolir l’incarnation du mythe américain, mais peu ont réussi à le traduire dans le cadre d’un foyer où chaque strate s’effrite. Alors oui, Kevin Spacey, on a du mal aujourd’hui, mais force est de reconnaître que le film est un Oscar qui se tient ; quand bien même on préfère Révélations et Sixième Sens.

#35. Dans la chaleur de la nuit, de Norman Jewison — Oscar de 1968 : pour le coup, même si je préfère Bonnie et Clyde ou Le Lauréat, deux films à l’importance historique phénoménale, je dois avouer que c’est un bel Oscar, politique, et puissant sur le racisme d’une Amérique qui n’est pas près de se dépêtrer de ses démons.

#34. Spotlight, de Tom McCarthy — Oscar de 2016 : parfois, le sujet dépasse le film. Évidemment que l’Académie n’allait pas récompenser la dinguerie qu’a pu être Mad Max : Fury Road alors qu’on avait en face un thriller d’enquête journalistique sur les crimes pédophiles de l’Église de Boston se révélant être un scandale international. Surtout que le film est vraiment remarquable par ailleurs.

#33. Des gens comme les autres, de Robert Redford — Oscar de 1981 : une des plus grosses chialades de ce marathon. Un drame très juste, très dur, sur l’impossibilité du deuil dans une famille, et qui en plus est la première réalisation d’un des grands acteurs du Hollywood du XXème siècle. Il ne fait peut-être pas le poids face à un Elephant Man ou Raging Bull, mais ça se place là.

#32. La Mélodie du bonheur, de Robert Wise — Oscar de 1966 : je suis un peu coño sur les bords, j’avais l’image kitsch de Mary Poppins chantant dans le Tyrol, et avait de fait toujours la flemme de lancer ce film de trois heures. Et bien merci le marathon, je ne savais pas que je verrais un petit miracle, naïf et en même temps très chargé politiquement.

#31. Kramer contre Kramer, de Robert Benton — Oscar de 1980 : elle est là notre gigantesque session de pleurs énervée. En vrai, je comprends qu’il ait battu Apocalypse Now. Ce n’est pas un meilleur film, vraiment pas, mais c’est un vrai instantané des changements de mœurs dans une Amérique qui va voir arriver Reagan dans peu de temps. Bouleversant, et incroyablement incarné à l’écran par un Dustin Hoffman se cherchant en père, et une Meryl Streep perdue. Pas le plus gros succès de 79 au box-office américain pour rien (ce qui est fou, quand on y pense).

#30. Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, de Peter Jackson — Oscar de 2004 : oui, ça, ça va en agacer plus d’un. Désolé, je ne suis pas le plus grand fan de LoTR. Mais je sais reconnaître l’importance de la saga dans l’Histoire du cinéma, et récompenser le dernier, qui est au passage le meilleur des trois, et la conclusion d’un geste de cinéma dément, est logique. Je ne peux contractuellement pas le placer plus haut, mais c’est déjà solide 30 sur 97 !

#29. Ben-Hur, de William Wyler — Oscar de 1960 : un autre affront pour beaucoup j’imagine. Mais quand bien même les séquences maritimes et de char sont démentielles, et que le film impressionne 65 ans après, il est un peu trop long au démarrage pour nous et la fin est un chouïa trop facile. Et il faut faire des choix. On est durs, je sais. C’est le principe.

#28. French Connection, de William Friedkin — Oscar de 1972 : le problème des marathons de la sorte, c’est qu’on se concentre sur les films à découvrir et qu’on remate pas ceux qu’on a déjà vu. J’aurais sûrement revu le Friedkin à la hausse. Après, je vais vous dire : aussi culte qu’il soit, je crois que je préfère The Last Picture Show qui était nommé cette année-là.

#27. New York - Miami, de Frank Capra — Oscar de 1935 : quand le film se lance, on pense qu’on va découvrir un drama classique. Puis se déroule l’histoire entre cette fille de millionaire et ce reporter prenant la fuite plus ou moins avec elle, et on découvre, estomaqué, que l’on assiste ni plus ni moins à la naissance de la comédie romantique. Tellement fort Capra.

#26. Oppenheimer, de Christopher Nolan — Oscar de 2024 : récompenser un film, c’est aussi récompenser une carrière. Que le film le plus oscarisable de Nolan ait choppé la récompense ultime est logique et méritée. Et en plus, vous savez quoi ? Moi j’aime beaucoup le film… Dur de le placer devant autant de films cultes, même moi je me pose la question en écrivant ces mots. Mais trop tard, tant pis, oupsie.

#25. Everything Everywhere All at Once, des Daniels — Oscar de 2023 : oupsie bis. C’est soudainement devenu cool de détester ce film, alors qu’il est un succès populaire, fait avec peu de budget, d’une inventivité folle, qui essaye de secouer la recette du multiverse de Marvel avec mille fois plus d’intelligence, signe le retour de Michelle Yeoh et surtout Ke Huy Quan… Et un film de genre récompensé par le plus important des Oscars. Arrêtons de faire la fine bouche, s’il vous plaît.

#24. La Forme de l’Eau, de Guillermo del Toro — Oscar de 2018 : pareil que pour Nolan, le plus oscarisable des Del Toro a été récompensé et je n’en suis que joie. Les aigris diront surcôté, mais en 2026, on arrête de les écouter. C’est ciao. On aime cette histoire d’amour symbolique, et de monstre.

#23. West Side Story, de Robert Wise — Oscar de 1962 : ok, je reconnais que lui, il fait un peu mal lui. Je ne sais pas pourquoi, je n’arrive pas à le mettre plus haut. Et pourtant, j’adore les numéros musicaux, la relecture de Shakespeare, la description d’une Amérique divisée par le racisme, les couleurs.. Mais je sais pas, il est là et y restera pour l’instant.

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#22. La Liste de Schindler, de Steven Spielberg — Oscar de 1994 : Alexis en PLS. DÉSOLÉ, JE N’AI PAS EU LE TEMPS DE LE REVOIR. Et vous savez ce qui peut l’achever ? Si je dis que je préfère La Leçon de Piano nommé cette année-là. Après, Stevy méritait son Oscar, le film a marqué les années 90 et est devenu un curseur de ce qu’on peut montrer ou non et comment de la Shoah. Film important, Oscar important. Presque dans le top 20, ça passe.

#21. Vol au-dessus d’un nid de coucou, de Miloš Forman — Oscar de 1976 : on ne parle pas assez de 1975. Année de cinéma de zinzin. Forman a quand même battu un de films préférés (Un après-midi de chien, de Sidney Lumet), le film d’horreur matriciel de ces 50 dernières années (Les Dents de la mer, de Steven Spielberg), l’un des plus grands Kubrick (Barry Lyndon), et un immense Altman (Nashville). Et vous savez quoi ? Bah c’est plutôt mérité…

#20. Les Infiltrés, de Martin Scorsese — Oscar de 2007 : il y a une part de moi qui est agacé que ce soit pas le meilleur Scorsese qui soit récompensé. Pire encore, je pense qu’il y a une dizaine de films signé Martin meilleur que ce remake d’Infernal Affairs. Et pourtant, top 20. Ouais, Scorsese est vraiment l’un des plus grands, c’est abusé.

#19. Moonlight, de Barry Jenkins — Oscar de 2017 : j’aime, j’adore, j’ai une admiration sans faille pour Premier Contact de Denis Villeneuve, qui est et restera un de mes films préférés. J’ai longtemps repoussé ce visionnage, j’avais adoré La La Land, et ça s’arrêtait là. Boy oh boy, que j’avais tort. C’est pas juste très beau, c’est aussi superbement écrit et interprété. Il l’a pas volé, celui-là.

#18. Gladiator, de Ridley Scott — Oscar de 2001 : cette année-là, Steven Soderbergh a gagné l’Oscar du Meilleur réalisateur pour Traffic, battant… Steven Soderbergh, nommé pour Erin Brokovich. Et Ridley est arrivé et a battu les deux Soderbergh pour le Meilleur film comme ça, en remettant au goût du jour le peplum dans un terreau beaucoup plus (faussement) intimiste. Le goat.

#17. Birdman, d’Alejandro González Iñárritu — Oscar de 2015 : souvent, les Oscars ont récompensé un geste de cinéma. On aurait pu s’attendre que le Boyhood de Linklater, qui est lui un putain de geste, soit récompensé. Mais c’est mal connaître Hollywood, qui aime bien les “comeback stories”, les récits meta, et l’art qui parle et commente l’art. La vérité ? Birdman > Boyhood (mais de pas grand chose).

#16. Forrest Gump, de Robert Zemeckis — Oscar de 1995 : je comprends qu’on puisse le détester, c’est le cas de beaucoup de gens biens. Des gens qui ne comprennent pas comment ce film a pu battre Pulp Fiction et Les Évadés. Je fais partie de ceux qui pensent que le film, derrière son apparente simplicité, est bien plus complexe, riche et pertinent que ce qu’on veut bien en dire.

#15. Marty, de Delbert Mann — Oscar de 1956 : ça avait été un de mes coups de cœur de mon marathon des Palme d’or, un film d’une humanité et d’un réalisme social masqué dans une romance aussi triste que belle. Si vous ne l’avez jamais vu, on ne peut que vous conseiller, c’est peut-être le moins connu de ce top 20, et c’est une grande injustice.

#14. Parasite, de Bong Joon-ho — Oscar de 2020 : on peut encore questionner la place des Oscars à travers le monde. Comme cette liste l’a prouvé, 96 Oscars du Meilleur film sont revenus à des films financés par des fonds américains. Pourquoi récompenser la Palme d’or coréenne, en dehors de son excellence ? C’est un prix qui chamboule un peu la vision de la cérémonie, qui se veut plus internationale mais reste et demeure principalement états-unienne. Parasite est un cas unique, qui a changé la face des cérémonies, et qui mérite sa place.

#13. Impitoyable, de Clint Eastwood — Oscar de 1993 : je parlais plus haut de geste de cinéma, ici le geste d’Eastwood a de quoi impressionner. Pour ce que ça raconte du western, de la carrière du cinéaste, de la place des femmes dans son cinéma, de l’Amérique tout simplement, c’est un grand Oscar dont on pourrait encore parler des heures.

#12. Le Pont de la rivière Kwaï, de David Lean — Oscar de 1958 : En 58, on avait 12 Hommes en colère en compétition de Sidney Lumet, un des films les plus importants du septième art, peu ou prou. Il n’y a que David Lean pour pondre un film, qui n’est même pas son meilleur mais qui a quand même inspiré Apocalypse Now (c’est pas rien), pour battre ce chef d’œuvre sans que quiconque fronce des sourcils aujourd’hui.

#11. No Country for Old Men, d’Ethan et Joel Coen — Oscar de 2008 : j’aurais aimé le revoir lui aussi. Sûrement qu’il aurait atterri un peu plus haut. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que There Will Be Blood est un film plus fort et plus conséquent. Mais ce qu’on fait les frères Coen sur ce long-métrage dépasse l’entendement.

#10. Casablanca, de Michael Curtiz — Oscar de 1944 : Humphrey Bogart et son chapeau, Ingrid Bergman qui traîne avec le pianiste, la Marseillaise qu’on chante le plus fort possible… Le courage de sortir ce film en 1942 alors que les États-Unis n’ont pas encore rejoint le conflit me foudroie. Un immense film, un immense Oscar.

#9. Ève, de Joseph L Mankiewicz — Oscar de 1951 : il y a des éditions plus faibles que d’autres. On vous parlait de celle de 84, particulièrement faible. Imaginez celle de 51, où l’on retrouve Boulevard du crépuscule ET Ève ? Pfiou. Deux chefs d’œuvre à l’importance capitale. Malgré une préférence pour le premier, force est de constater que c’est un Oscar indispensable.

#8. Le Parrain, de Francis Ford Coppola — Oscar de 1973 : pas évident à placer. Si on sait évidemment que le deuxième est encore meilleur, on parle quand même du mastodonte parmi les mastodontes. Et pourtant, j’ai trouvé quelques films que je trouve supérieurs. Peu, néanmoins.

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#7. Le Silence des Agneaux, de Jonathan Demme — Oscar de 1992 : ouais, lui il doit vous surprendre un peu. Surtout vu les trois films précédemment évoqués. Et pourtant, quel chef d’œuvre, quelle maîtrise de mise en scène, quelle écriture remarquable, quelle interprétation d’Hopkins. Un renouveau dans le genre que je préfère, à savoir le thriller.

#6. Titanic, de James Cameron — Oscar de 1998 : si vous n’avez pas revu le film depuis des années, cette place peut vous étonner. Si vous avez revu le film récemment, vous comprenez forcément. Car derrière l’énorme succès, et le film uniquement vu que comme une romance, se trouve un objet invraisemblable, à l’ampleur gigantesque et vertigineuse, qui raconte en creux la divergence des classes avant de virer au plus grand des films catastrophes. Immense immense immense.

#5. Voyage au bout de l’enfer, de Michael Cimino — Oscar de 1979 : je suis encore sur le c** (excusez-moi la vulgarité) de voir des gens trouver ce film moyen, et décevant. Je n’y vois aucun défaut, tout fait sens. L’ampleur de la narration et du récit, la beauté de la segmentation en trois parties distinctes, et ce qu’il raconte du traumatisme encore frais du Vietnam dans la population américaine. Évidemment top 5, ça va pas la tête ?

#4. La Garçonnière, de Billy Wilder — Oscar de 1961 : L’exemple même de la fausse simplicité. Ou comment, avec un récit sur le papier lambda, Wilder délivre un objet universel, qui ne vieillira jamais, qui touche juste à chaque, putain, de moments. Tout est parfait, c’est dingue de perfection.

#3. Amadeus, de Miloš Forman — Oscar de 1985 : j’ai un take, pas très risqué mais quand même, je pense que la scène où Mozart alité décrit à Salieri le requiem est la plus grande scène de cinéma de ces 50 dernières années. Minimum. Tellement de maîtrise derrière et devant la caméra. Je ne comprends toujours pas comment Forman a pu donner vie à un tel film.

#2. Lawrence d’Arabie, de David Lean — Oscar de 1963 : si vous êtes encore à lire ça, je peux me permettre d’être honnête avec vous. L’unique raison de ce marathon était de rattraper ce gros morceau de cinéma qui me manquait, et que je voulais voir dans les meilleures conditions possibles. Et quel plaisir de découvrir un film réputé pour être un des plus grands, et de réaliser qu’il l’est. Qu’il n’est pas surcôté. Sensation dingue, face à proto-Dune dantesque, époustouflant de bout en bout. Un des plus grands, sans l’ombre d’un doute.

#1. Le Parrain 2, de Francis Ford Coppola — Oscar de 1975 : a-t-on besoin de justifier ?

(résumé en image 7)



Bon, vu la longueur de cette newsletter, on va éviter d’écrire des tartines : Sophie et Arthur se sont prêtés au jeu des pronos des Oscars, en se basant sur le document fourni par Letterboxd. Emoji cœur, prono de cœur ; émoji cerveau, prono de raison. On verra à quel point ils se plantent, vu qu’il est fort difficile de bien tout prévoir cette année — poke la newsletter de la semaine dernière !

(emoji cœur emoji cerveau)

Si ces actus vous intéressent, vous pourrez écouter notre épisode de lundi où on reviendra sur d’autres infos, comme cet article sur la Gen Z qui va sauver le cinéma, l’impact de la polémique Chalamet/opéra sur les Oscars, ce que veut dire mal jouer ou bien jouer, comment se constitue la commission du CNC de classification des films, et plus encore.

LES FILMS À VOIR (ET À ÉVITER) CETTE SEMAINE

Parce qu’une image parle mieux que mille mots…

(On vous souhaite une aussi belle semaine ciné que celle d’Alexis)

Pour entendre les débats, arguments et analyses de chacun de ces films, notre épisode hebdomadaire est disponible sur toutes les plateformes de streaming ou de podcast, juste ici.

LES RECOMMANDATIONS CULTURELLES DE LA SEMAINE

Cette semaine, Simon tenait à revenir sur le décès d’un auteur cher à son cœur, Antonio Lobo Antunes, en vous conseillant certains bouquins de l’auteur portugais, à commencer par Le Cul de Judas.

Notre invité de la semaine, Cyprien Cadeo de l’Humanité, vous raconte qu’il a découvert par hasard la série de bouquins de George C. Chesbro, sur le détective nain Mongo, chez Rivages Noir.

Arthur enfin tenait à parler de la BD qui lui a fait chavirer le cœur, Terre ou Lune de Jade Khoo, chez la nouvelle maison d’édition Morgen.

(© Métaillé suites / Rivages noir / Morgen)

L’ÉPISODE ABONNÉ•E•S SUPERCAST, RIEN QUE POUR VOUS

L’avantage d’être abonné à notre compte Supercast est d’avoir chaque semaine un contenu supplémentaire, un bonus qui fait du bien. Ça peut être un éclairage par rapport à une adaptation, une errance du côté des séries, une diatribe pour défendre l’indéfendable, un entretien fort gênant ou une analyse audio de mise en scène (ça parait contre-intuitif mais c’est assez génial, promis).

Cette semaine, Arthur invite la géniale Anaïs Bordages pour discuter d’une trilogie qu’ils adorent tous deux, mais qui est collectivement méprisée du grand public : Magic Mike, de Steven Soderbergh. Il y sera question de danse, certes, mais aussi de corps abîmés par le capitalisme, de l’exploitation par les patrons, de codes de la masculinité bousculés, de l’objectivation malsaine et plus encore.

52 minutes d’analyse, c’est vraiment pas rien. Et croyez-nous, vous ne verrez plus du même œil la saga.

(ne pas se fier au trailer, ne pas se fier au trailer, ne pas…)

Pour écouter l’épisode, il faudra s’abonner à notre offre Supercast juste ici.

VOTRE PROGRAMME TÉLÉ OU VOD

Chaque semaine, on scrute le programme télé ou des nouvelles arrivées sur les plateformes de streaming pour vous trouver un film qui serait passé sous votre radar. Parce qu’il n’y a pas que l’Amour est dans le pré dans la vie, et que les gros blockbusters, ça va deux minutes.

Et si vous êtes du genre couche-tards, alors il faudra s’accrocher pour un grand morceau de cinéma, reparti avec un Lion d’or tout de même, qu’Arte propose en deuxième partie de soirée le mercredi 18 mars à 22h45 : Toute la beauté et le sang versé, de Laura Poitras.

La documentariste connue pour son film sur Edward Snowden, Citizenfour, a déboussolé les cinéphiles du monde entier avec ce qu’on pensait être un simple documentaire sur l’immense photographe Nan Goldin. Avant d’explorer comment l’artiste s’est battu contre la famille Sackler, responsable en grande partie de la crise des opioïdes outre-Atlantique. Un film bouleversant, sublime, qui conte comment le militantisme artistique peut muer au fil des années.

Sur Arte le mercredi 18 mars à 22h45

UN PEU DE PATRIMOINE ?

Cette semaine, on accompagne la grande ressortie salle via MK2 du plus célébré des films d’Agnès Varda, reparti avec un Lion d’or à la Mostra de Venise en 1985 et un César de la meilleure actrice pour Sandrine Bonnaire : Sans toit ni loi.

Un film difficile, qui se frotte frontalement à la questions de l’errance, de la pauvreté extrême, du mépris des uns, du danger que représente les autres. Cette figure de la nouvelle pauvreté, quelque part entre les marginaux de 68 et les SDF qui arriveront un peu plus tard. Un film dur, âpre, quasi documentaire dans sa démarche, mais extrêmement juste et beau.

À noter d’ailleurs que sortira dans les prochains jours un entretien exclusif d’une demi-heure avec l’actrice du film — une première pour nous, qui n’avions jusque-là jamais eu l’opportunité de faire une interview pour un épisode patrimoine. Autant dire que l’épisode et la discussion avec Bonnaire se complètent parfaitement, et qu’on en est très fiers.

Épisode à découvrir dès mardi, et dès ce samedi 14 mars pour nos abonné•e•s Supercast.

LE BONUS HEBDO

Chaque semaine, on vous concocte un petit bonus. Un truc en plus, à vous mettre sous la dent. Parce qu’on est comme ça, dans le don de soi, pour vous autres abonné•e•s. Et cette semaine, on vous remet le précédent gigantesque marathon d’Arthur, ce gros débile qui avait décidé de rattraper L’INTÉGRALITÉ DES PALMES D’OR.

102 films plus tard, la liste complète peut faire gonfler votre watchlist. En dessous, on vous met un extrait au hasard. La liste Letterboxd est à retrouver ici.

(le prochain marathon ce sera quoi, les César du Meilleur film ? Pas avant l’année prochaine…)

Et sinon, le lien vers notre compte Letterboxd RST est juste ici.

Merci de votre lecture, on se retrouve sur nos réseals socials (Instagram, Bluesky ou TikTok), sur vos plateformes d’écoute de podcast préférées et la semaine prochaine dans votre boîte mail.

Et gloire aux marathons à la con, faites-en, ne laissez pas Arthur seul dans ses conneries svp

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Par Réalisé sans trucage

À propos de Réalisé sans trucage

Réalisé sans trucage est un podcast crée en 2023 qui décrypte les sorties de la semaine chaque vendredi, traite de l’actualité du cinéma tous les lundis, et aborde un film de patrimoine tous les mardis.

Les abonnés Supercast ont en plus un épisode bonus chaque mercredi.

Le podcast est constitué d’Arthur Cios, Sophie Grech, Nicolas Martin, Simon Riaux et Alexis Roux.

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