Fais chaud là, non ?
Chaque samedi, on décortique l’actu ciné de la semaine — et on parle de films, aussi.
Au menu cette semaine, on se prépare au nouvel épisode de chaleur, on va en salle pour la clim (mais pas que), on discute avec Delamo, des recos et plus encore.
Il fait tellement chaud que notre newsletter a légèrement fondu au soleil — mais elle revient dans sa forme complète dès la semaine prochaine, promis. En attendant, voilà 20 films à (re)voir pour contrer les températures extrêmes.
On commence par un drame de 4 heures dans le Taiwan des années 60 sur la dure réalité de grandir, les histoires qui évoluent et le temps qui passe. Parce que c’est l’un des plus beaux moyens de passer une soirée d’été, et qu’il y fait doux comme pas deux. Et aussi parce qu’il n’y a pas que Yi Yi dans l’œuvre de Yang qui mérite votre attention (cf notre épisode patrimoine du 27 janvier dernier).
Un été qui déchire le cœur, un séjour en Turquie pour se replonger dans les souvenirs des derniers moments de son père. Des discussions le bord d’une route, un karaoke dans une soirée encore imprégnée de la chaleur de la journée passée, des sauts dans la piscine. Un sublime film d’été.
Dans le Golfe de Djibouti, personne ne viendra vous chercher des noises. Vous pourrez allègrement vous entraîner avec vos confrères de la légion étrangère, avec ces combats à demi-nus dans le désert qui imbibent l’homoérotisme et la sueur. Et dont on devine une chaleur proche de celle qu’on subit, là.
Une journée à Paris en été est rarement aussi belle que celle du couple de la meilleure trilogie du cinéma d’amour contemporain. Pas sûr qu’il faisait la chaleur à crever que l’on traverse aujourd’hui, mais les rayons du soleil qui rebondissent sur la Seine nous rappellent bien l’environnement du week-end que l’on va traverser.
Un été de canicule à New York, ça a tout de suite une autre saveur. Le premier grand coup d’éclat de Spike Lee n’est pas qu’un grand film sur le vivre ensemble et les communautés délaissées de la grande pomme, mais aussi un grand récit estivale.
L’été, la chaleur, la moiteur, c’est aussi la découverte de la sexualité. La version Charlotte Le Bon mélange lac québécois, fantômes et coucher de soleil. Sublime visionnage garanti pour celles et ceux qui seraient passé à côté.
L’un des meilleurs Kitano. Celui-ci, avec ses chemises, sa musique, son ambiance, et son aventure estivale, nous semble être le plus adapté — même si chez le même auteur, on aurait également pu faire un tour du côté du sublime A Scene at the sea, sur fond de surf, et d’histoire d’amour entre un éboueur sourd et sa copine également sourde. De toute façon, même sur certains de ses films de yakuzas comme Sonatine, Kitano reste sur des récits solaires.
La plage de tous les désirs, une émancipation impossible, et un récit aussi triste que beau que sexy qu’effrayant. Et chaud, forcément. Du danger de se rentrer les poils sous une chaleur caniculaire, aussi.
Continuez ce petit tour du monde par un passage vers Rome, ses soirées, ses terrasses, la solitude méditative, et sa chaleur suave, et vous ne vivrez cette vague de chaleur qu’avec plus de plaisir. +1 si vous avez la curiosité de regarder d’autres Sorrentino qui sentent bon les rayons du soleil italiens, comme La Main de Dieu ou Parthenope.
Quand leur père essaie (et rate) de tuer ses deux enfants en plein milieu du désert australien, ceux-ci vont devoir survivre au milieu d’un climat des plus rudes et sans ressources — jusqu’à ce qu’un jeune garçon aborigène leur apprenne la vie dans la nature loin de la vie moderne. On sent la peau se craqueler sous le soleil rien qu’en visionnant ce superbe film injustement méconnu.
Un tableau de tournesol, d’amour torturé, aussi effrayant que sublime et ensoleillé. Le plus solaire des Varda, quand bien même on n’est pas vraiment sur son plus joyeux — son plus beau néanmoins ?
Le soleil californien qui écrase autant les personnages que l’image de ce film noir qui casse les codes pour éviter la nuit et assumer le plein cagnard, est peut-être la solution à notre chaleur étouffante du moment. Ou le bon prétexte pour se replonger dans un vrai chef d’œuvre du Nouvel Hollywood.
Vous n’avez jamais eu envie de vous incruster dans le couple d’un jeune fils de riche le temps d’un été en Italie, pour essayer de prendre sa place ? Sa relecture récente Saltburn sent aussi la sueur, mais rien ne vaut que la première version pour voir rebondir les rayons sur votre peau.
Ouais, alors lui, il semble surprenant. Et pourtant, derrière l’un des plus grands films d’horreur de l’Histoire se cache l’enfer en pleine lumière, sous le soleil de plomb de la campagne américaine. La sueur, l’étouffement, le besoin de quitter ce désert qui tue. Ça fonctionne bien, en fait.
On en rêve, de ce séjour à Tahiti à côté du préfet perché incarné par Benoît Magimel, de regarder les vagues du Pacifique assis sur son jet-ski derrière Magic Benoît, et de ces ciels roses sublimes à crever.
« Mieux vaut être un cochon qu’un fasciste. » Et quitte à les combattre, les fachos, autant le faire dans la mer Adriatique dans l’un des plus beaux films de Miyazaki. Et c’est bien le plus estival des films du cinéaste japonais, on est d’accord.
Daniel Craig a chaud. Parce qu’il fait une chaleur à crever. Parce qu’il est fou amoureux d’un jeune Anglais qui traîne dans les mêmes bars de Mexico que lui. Parce qu’il est à la recherche d’un produit miracle qui sera au fin fond de l’Amazonie. Parce que le sexe, ça n’aide pas à se rafraîchir. Il a chaud, et nous aussi. Plutôt que d’aller vers l’évident Call Me By Your Name ou d’une autre manière Challengers (les gouttes de sueur qui coule le long du visage de Josh O’Connor…), on a privilégié un autre film de Guadagnino qui marche tout aussi bien — et qui n’est toujours pas estimé à sa juste valeur.
Plongée surréaliste dans un cirque mexicain sur fond de sorcellerie, de secte cheloue, de coming of age et de chaleur écrasante. Notre Jodorowsky de cœur, horrifique et bouleversant, choquant et sublime. Bref, un parfait film de grande chaleur.
On ne cite que trop peu le premier long-métrage de Glazer (Birth, Under the Skin, La Zone d’intérêt) alors qu’en plus d’être un grand film de canicule où l’on voit Gale un peu trop traîner le bord de sa piscine, est absolument fantastique.
Se perdre dans le labyrinthe qu’est Los Angeles aux côtés d’Andrew Garfield, c’est partir en vacances dans un endroit aussi sublime que peu commode, où les nuages sont absents et les tréfonds remontent à la surface.
Si ces actus vous intéressent, vous pourrez écouter notre épisode de lundi où on reviendra sur d’autres actus, comme la réponse cata de Curry Barker face aux plaintes des techniciens ayant bossé sur Obsession, on revient sur le boycott culturel entourant la présence de Nadav Lapid au FID à Marseille, MK2 qui met son capital en vente, et plus encore.
Parce qu’une image parle mieux que mille mots…
Cette semaine, Alexis profite de cet espace pour mettre un coup de projecteur sur le boulot du Cinématographeur, qui vient de sortir un nouveau format de vidéo “Vous avez vu ?”, qui permet de comprendre étape par étape les différents éléments de langage du cinéma.
Sophie, elle, conseille de dormir et de boire frais. Voilà, on prend ce qu’on a — et en même temps, bah elle a raison en fait.
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Cette semaine, notre Josiane adorée (ou pas…) a rencontré le célèbre auteur Jean-Baptiste Delamo, célèbre auteur derrière le Règne Animal (le livre, pas le film). Un grand moment de gêne (et de drôlerie, aussi). Pour écouter l’épisode, il faudra s’abonner à notre offre Supercast juste ici.
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Et gloire aux films où l’on transpire.