Kessel

En vrai, est-ce que la venue de James Gunn à la tête de DC n'est-elle pas un énorme flop (pour l'instant) ?

Ouais, désolé, on est sur une newsletter très comics/blockbusters aujourd'hui...

Chaque samedi, on décortique l’actu ciné de la semaine — et on parle de films, aussi.

Au menu cette semaine, un petit bilan sombre pour les héros de chez DC, pourquoi la ressortie d’Avengers Endgame est un beau foutage de gueule, des films à voir, un épisode à regarder, des recos à lire, des jeux à analyser, un film à revoir, et plus encore.

LES ACTUS DE LA SEMAINE

Le 31 janvier 2023, il y a presque 4 ans maintenant, James Gunn est apparu sur la chaîne YouTube officielle de DC Comics en grande pompe. L’occasion ? L’homme était devenu trois mois auparavant le coprésident, avec Peter Safran, et directeur général de DC Studios (anciennement appelé DC Films). Son rôle ? Être le Kevin Feige de la Warner pour tout le DCU. Relancer tout ce merdier. Recréer de toute pièces un univers cohérent avec tous les personnages de l’écurie DC Comics. Car après les ZackSnyderies (Man of Steel, Batman V Superman, Zack Snyder’s Justice League), et pas mal de ratés d’affilée (WW84, Black Adam), la maison mère avait besoin d’aide.

Et en somme, le choix semble opportun. De tous les films sortis entre 2021 et 2023, moment où Gunn prend officiellement le relais, le seul bon film, apprécié des fans et des critiques, était sa relecture de The Suicide Squad. Pour le reste, rappelez-vous que quand il arrive au pouvoir, la Warner doit encore sortir 4 bouses — à savoir Shazam! La Rage des Dieux, The Flash (!), Blue Beetle et Aquaman et le Royaume perdu. Effectivement, il était temps de remettre un peu d’ordre à ce beau bordel.

Le 31 janvier 2023 donc, James Gunn apparaît dans une vidéo YouTube, courte, concise, et très claire. Il est là pour énoncer avec beaucoup de lucidité son plan sur les années à venir. D’un côté, les projets à côté de son univers, qu’il appelle le DC Elseworlds (les Batman de Matt Reeves, les Joker de Todd Philips, de vieilles séries animées, etc…). Mais lui, il veut créer un univers cohérent, avec un premier chapitre, “Gods and Monsters”, qui contiendrait entre autres — car oui, selon lui, d’autres sont encore en cours de route —, et dans l’ordre chronologique de sortie :

  • Creature Commandos, une série animée qu’il a co-écrite.

  • Waller, une série avec Viola Davis, avec des membres de la série Peacemaker.

  • Superman Legacy, un film qu’il réalise et est prévu pour juillet 2025.

  • Lanterns, la série pour HBO Max, vendu comme un True Detective avec des flics de l’espace sur Terre.

  • The Authority, un film avec des héros moralement discutables façon The Boys.

  • Paradise Lost, une série d’action sur l’île de Wonder Woman, vendue comme un Game of Thrones de DC.

  • The Brave and The Bold, un film sur un nouveau Batman et son fils, Damian Wayne “Robin” particulièrement violent.

  • Booster Gold, une série d’action pour HBO Max.

  • Supergirl : Woman of Tomorrow, un film basé sur le comics assez sombre éponyme.

  • Swamp Thing, un film monstrueux et horrifique sur la créature du marais.

Je vous propose donc que l’on fasse un petit bilan à l’approche des 4 ans de cette annonce fanfaronnante. Qu’a-t-on vraiment eu ?

Effectivement, Creature Commandos est sorti en décembre 2024, en tout cas sa première saison. Et si les retours ont été positifs, de nombreux commentateurs se sont interrogés sur la pertinence de démarrer un nouvel univers partagé avec une bande de personnages peu identifiés par les fans.

S’en est suivi son Superman donc, succès au box-office (620 millions de dollars de recettes pour un budget de 225 millions), et surtout critique. Pour le coup, pari réussi pour Gunn pour le premier long-métrage du DCU. C’est après que ça se gâte.

Puisque s’ajoute la géniale saison 2 de Peacemaker, pas prévue au planning initial et ajoutée rapidement après l’arrivée de l’artiste — bien qu’il ait dû la décaler à plusieurs reprises pour bosser tranquillement sur Superman, puis du fait de la grève des scénaristes d’octobre 2023. Une saison qui s’intègre dans son chapitre “Gods and Monsters” finalement. Ces épisodes sont sortis entre août et octobre 2025, à coup d’un épisode par semaine sur HBO Max.

Et ensuite ? Rien jusqu’à l’été 2026, et le film Supergirl. Le film qui devait être le 4ème du catalogue devient celui qui succède au Superman. Et là, c’est plus compliqué. 126 millions de dollars de recette au box-office mondial alors qu’il en aurait coûté entre 170 et 175 millions. Des retours critiques calamiteux. Et un véritable échec en tout point.

Enfin, la série Lanterns, encore en cours de diffusion, adorée par les critiques, et trop peu commentée malgré un beau succès d’audience — pour son lancement tout du moins, qui se rapproche de celui de The Penguin, toutes deux sur HBO Max. Mais aussi qualitative soit la série, elle ne fait pas partie des discussions sur internet, malheureusement.

Notons enfin qu’un film hyper intriguant, Clayface, pas initialement dans les plans de Gunn donc, mais issu d’un pitch de Mike Flanagan, sortira le 21 octobre prochain. Et que la sortie suivante, à l’été 2027, sera… Le deuxième film Superman, Man of Tomorrow, toujours réalisé et écrit par James Gunn. À moins qu’une série débarque avant ? Après tout, il est annoncé pour 2027 The People vs Gorilla Grodd, une série dérivée… du Superman de James Gunn, centrée autour de Jimmy Olsen (Skyler Gisondo).

Vous commencez à voir un peu le problème ?

Déjà, regardons ce qu’il est advenu aux projets annoncés et toujours pas sortis. Côté long-métrage déjà. The Authority a été d’abord décalé, avant que Gunn déclare en interview à Deadline que ce sera peut-être mieux en série vu l’ampleur des personnages qui ne sont peut-être pas faits pour le grand écran, avant de plus récemment expliquer que le script n’était pas au point, précisant :

“Surtout, ça ne fonctionnait pas dans l’ensemble du DCU, que ce soit au niveau de l’histoire ou des contraintes pratiques. Peut-être un jour. Mais pas tout de suite.”

Le troisième film du line-up initial devait être The Brave and the Bold. En juin 2023, Andy Muschietti, réalisateur de The Flash (…) est annoncé pour être derrière la caméra de cet ambitieux film sur la bat-family. Et depuis ? Pas grand-chose. En décembre 2024, il est annoncé que la production était mise en pause, le temps que le Batman II de Matt Reeves sorte (quand bien même le film est prévu pour 2028). Plusieurs scénaristes planchent dessus, sans que Muschietti soit vraiment au courant.

Reste enfin The Swamp Thing. Juste après l’annonce triomphante de Gunn en janvier 2023, un certain James Mangold s’est présenté, très intéressé par le projet. En réalité, il négociait déjà dans l’ombre depuis plusieurs mois avec la maison mère. Mais on disait déjà à l’époque qu’il ne bosserait dessus qu’une fois son Indiana Jones et son biopic de Bob Dylan, Un parfait inconnu, sortis en salles. On est deux ans après, entre-temps, Mangold a annoncé écrire un film Star Wars sur les premiers Jedi, qui semble avoir disparu. Et on a que peu de nouvelles du projet. Interrogé par le WTF podcast with Marc Maron en février 2025, il expliquait qu’il ne savait pas quelles seraient les prochaines étapes. Et nous n’avons aucune information supplémentaire pour l’instant.

Un beau tableau qu’on pourrait compléter par l’annonce fin 2024 d’un nouveau film, sur Sergent Rock, avec Daniel Craig, et réalisé par Luca Guadagnino. Une nouvelle folle, qui est tombée à l’eau quelques mois plus tard. Reste alors un film Wonder Woman, annoncé en juin 2025, décorélé de la série Lost Paradise et des deux volets Patty Jenkins / Gal Gadot, un film sur les Teen Titans annoncé en mars 2024 mais mis en pause car la scénariste (Ana Nogueira) écrit ledit film sur Wonder Woman, et un film sur Bane et Deathstroke, annoncé en septembre 2024, et dont le scénario ne serait qu’aux balbutiements. Reste le film d’animation Dynamic Duo qui semble être le seul à avancer à peu près, bien que celui-ci vient d’être décalé à l’automne 2028.

Et ça, c’est pour le côté cinéma. Parce que côté série, c’est le même foutoir. La série Waller a été annulée, tout comme la série Paradise Lost (enfin, n’est pas en développement actif, mais on sait ce que ça veut dire), et la série Booster Gold est passée entre pas mal de mains, et est, aux dernières nouvelles, toujours en cours de développement ; même si le deuxième scénariste a vraisemblablement abdiqué. Mais depuis janvier 2023, a été annoncées une série animée sur Blue Beetle pour enfants, qui a failli sauter et finalement est encore en développement, une saison 2 de Creature Commandos encore en écriture, une autre série animée sur Mister Miracle qui, pour le coup, est écrite depuis un an, une série en prise de vues réelles sur Mister Terrific (personnage introduit dans le Superman de Gunn) toujours en phase d’écriture, et une saison 2 de Lanterns.

Le constat est donc amer. Mais plus que d’énumérer des échecs et des annulations à tout-va, la vraie question à se poser est : que s’est-il passé ? Il est probable que la réponse soit plus que multiple.

Déjà, il semble nécessaire de le rappeler mais depuis 2023, la Warner a subi un double tsunami. Un qui s’appelle “la grève des scénaristes” de 2023, qui en vrai, a mis en branle les plans de beaucoup de studios, Marvel compris. Et attention, c’était pour le meilleur, vu les requêtes que demandaient les auteurs américain du septième art. Mais tout de même — auquel il faut ajouter, et il ne faut vraiment pas le minimiser, l’impact sur les productions de l’annonce du rachat de la Warner. Ça commence à faire pas mal d’obstacles.

L’autre problème provient sûrement du plan initial de base, avec cette volonté peu discrète de calquer à tout prix le MCU. Mais rappelons que l’univers Marvel s’est ouvert sur Iron Man, parce qu’il n’y avait pas la possibilités de faire de films sur de plus gros personnages et que la volonté a été de faire un truc très terre à terre, loin des X-Men, plus proche des Spidey de Sam Raimi…

De son côté, Gunn a un problème : on connaît tous les personnages des films plus ou moins ratés des années précédentes. Donc il part du principe qu’il faut offrir quelque chose d’autre aux fans. Mais une série animée sur Creature Commandos, un film sur The Autority, une série Booster Gold… Tout ça ne parle qu’aux ultra fans. Ce qui a fait la force de Marvel fut un temps, a été de construire progressivement sa fanbase, avec des personnages stables comme Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, pour arriver à la consolidation de tout ça avec Avengers. Et c’est d’ailleurs ce qui est en train d’annoncer. Ce qui disait Gunn quand on lui parlait de The Authority. Le public ne veut pas spécialement découvrir de nouveaux persos. Autant dire que si on part de ce constat-là, le premier plan n’était pas le bon.

Alors se pose une autre question, plus dure : James Gunn était-il le bon choix pour reprendre les rênes de DC ? On voit certains trolls en ligne clamer que Gunn ne sait pas faire autre chose que les Gardiens. Que son Suicide Squad, dans le ton, et son approche, avait un côté film de clan de malhonnêtes personnages obligés de bosser ensemble. Et que quelque part, son Superman aussi, puisqu’en rapportant Green Lantern, Mister Terrific et Hawkgirl, le film se rapprocherait d’un “Superman et sa clique” plus qu’un film sur et uniquement sur Superman — même si le film est excellent par ailleurs, là n’est pas le sujet. Peut-on garder cette recette pour tous les films ? Mais ça, c’est partir du principe qu’il se mêle de l’écriture de tous les projets, ce qui n’est qu’à moitié vrai.

Surtout que l’éléphant dans la pièce dont on n’a pas encore parlé, c’est quand même que tout ce qui sort actuellement découle de son Superman ou presque. Vous imaginez, le message renvoyé ? Tous les films ou projets sont annulés ou décalés, sauf les siens ou dérivés des siens, ou des productions animées. C’est pas anodin. Comme si le succès de Superman était le seul truc sur lequel les têtes pensantes de la Warner s’accrochaient…

Et puis, il y a la qualité là-dedans. Son Superman était grandiose, on est toutes et tous d’accord. Mais Supergirl est un raté de production gigantesque pour la firme. Et un tel flop dès le deuxième film, sent mauvais pour la suite. Surtout que, bon désolé de comparer l’incomparable, mais tandis que Supergirl ne rentrait même pas dans ses frais de production (sans même compter le marketing, qui se compte également en dizaines de millions…), Spider-Man : Brand New Day récoltait plus de deux milliards (!) de dollars. Qu’on aime ou pas le quatrième volet des aventures de Tom Holland à New York, le message renvoyé est clair : Gunn n’a plus droit à l’erreur. Et si on est ici très excités avec ce Clayface, on espère sincèrement que le public sera au rendez-vous. Sinon, ça commencera à sentir le roussi pour Gunn.

Néanmoins, si on doit mesurer notre propos deux minutes, le problème ne vient-il pas de l’annonce de base ? Parce qu’en somme, qu’un directeur créatif décide de prendre plus son temps pour que l’écriture soit au niveau, décide de bazarder un projet si le script n’est pas assez bon, c’est plutôt une bonne chose, en somme ? Oui, Gunn a dû sacrifier un film, Supergirl en l’occurrence, parce qu’il fallait remplir un des créneaux prévus initialement et qu’il a préféré ne pas jeter en pâture un mauvais film Batman ou autre, surtout qu’à côté, il assure le boulot en pondant des Superman pour combler le manque. Mais en face, combien de crottes Marvel a-t-il sorti dans une logique purement mercantile ou pour faire avancer le bousin ? Doctor Strange 2 n’a pas conquis le public, Thor 4 non plus, et ne parlons pas d’Ant-Man 3, The Marvels ou Captain America et Harrison Ford en Hulk rouge. Quelque part, un fan de DC pourrait être rassuré de voir que James Gunn préfère annuler des projets que de suivre la même logique un peu stérile.

Surtout qu’à côté de ça, il a l’air de faire confiance aux gens à qui il valide les projets — quiconque ayant regardé Lanterns sent que Lindelof est derrière, et il y a de fortes chances qu’on retrouve beaucoup de Flanagan dans Clayface. Par ailleurs, on sait à quel point Gunn s’est battu pour le maintien de Reeves à son Batman pour son Elseworlds. Marvel, à quelques exceptions près (dont les Gardiens de la Galaxie, ce qui explique peut-être le soin qu’y accorde Gunn chez DC du coup), efface complètement l’identité des personnes derrière les projets.

Le problème là-dedans en réalité est l’effet d’annonce de son arrivée, qui ne pouvait être que spectaculaire. Il ne pouvait pas arriver en 2023 en disant “bon, en fait, pour l’instant on a rien, enfin presque, mais on va y arriver !” Non, il fallait du clinquant, un truc qui marque les esprits des fans ET des haters. Sauf qu’il aurait sûrement dû attendre d’avoir des scénarios finis et validés par tout le monde avant de s’engager, parce qu’il est difficile de ne pas y voir un aveu d’échec 4 ans plus tard. C’est un peu comme le Blade-flop de Feige, mais à un niveau supérieur car plus que multiple.

Même si on sait que le cinéaste ne partira pas de sitôt. En vrai, qui voudrait reprendre le trône et s’attaquer à un tel foutoir ? Il faudrait être fou. Donc si le début de l’ère James Gunn sur ce DCU est un franc raté, il va falloir s’armer de patience avant de juger le tout et voir s’il réussit à construire quelque chose de cohérent dans ce joli chaos.



On sentait l’arnaque venir à des kilomètres à la ronde, mais elle est encore plus salée qu’on ne pouvait l’imaginer. Avengers Endgame Encore est sorti en salle chez nous ce mercredi 23 septembre, et ce vendredi 25 septembre aux États-Unis. Vous savez, la version un peu gonflée du giga blockbuster, avec 10 minutes de scènes supplémentaires, qui devait faire le pont avec le prochain volet, Doomsday, attendu dans les salles en France le 16 décembre prochain.

On sait désormais ce qui a été ajouté. On parle au final de seulement 4 scènes post-génériques, dont deux vraiment nouvelles et deux qui en modifient de déjà existantes. Et ça pose problème — si si, je vous jure, c’est pas le texte d’un fan frustré, c’est réellement problématique. Mais pour vous expliquer le souci, je dois d’abord vous les décrire (et bon, attention, car spoilers du coup…) :

La première scène inédite est un supplément à la scène entre Peggy et Cap à la fin d’Endgame, après la danse. Au moment où la scène était censée s’arrêter, quelqu’un frappe à la porte, et c’est Loki, qui vient en disant qu’il peut les aider, tous les deux.

La deuxième scène arrive au milieu des crédits : Bruce Banner est emprisonné dans un complexe militaire sous terre pour empêcher d’avoir une nouvelle crise comme pendant Brand New Day. Il se filme en vlog et explique que c’était son premier incident depuis une décennie, et qu’il s’est isolé pour éviter que ça se reproduise mais surtout pour faire un traitement réduisant les radiations gamma, avant que les caméras buguent et les lumières s’éteignent. Dans le noir, on entend des bruits, puis on entend ce qu’on présume être Doom dire “Docteur Banner, je suis là pour vous collecter.” On l’entend devenir Hulk, avant que la caméra tombe par terre, puis que la salle d’emprisonnement soit marquée par des symboles latvériens au sol. Entre parenthèses, l’effet du glitch est le même que celui qu’on voit sur le spider-radar qui montre Spidey dans l’espace à la fin de Brand New Day.

La troisième scène se passe à la TVA. Mobius (Owen Wilson) vient voir Ouroboros (Ke Huy Quan) et son collègue Casey (Eugene Cordero) qui lui dit que l’univers 10005 (celui des X-Men de la Fox) et l’univers 1127 (inconnu jusque-là), sont sur le point de s’effondrer, avant qu’on détecte des missiles que les deux Terres s’envoient pour massacrer la planète de l’autre avant qu’elles se percutent. Puis dans les secondes qui suivent, d’autres univers entrent en collision, à la chaîne. Parmi les Terres détruites, on voit la 400083 (celle du Hulk d’Eric Bana), la 15886 (celle des Quatre Fantastiques de 2015), et la 82111 (celle de What if…, et plus précisément celle de Captain Carter), entre autres. OB dit que le multiverse s’effondre.

Et enfin, la quatrième scène reprend le bruit de marteau qu’on entendait à la fin d’Endgame sur un écran noir, où l’on voit maintenant trois flashs d’images de Doom marteler pour fabriquer son masque.

Bon, maintenant qu’on a fait le tour des nouveautés de ce Avengers Endgame Encore, qu’est-ce qui cloche ? Presque tout, en réalité.

Faisons dans l’ordre. La première déjà, sur Captain America. C’est simple, cette réécriture annihile toute l’happy ending du film, en retirant sa conclusion cathartique et émouvante pour introduire au forceps via Loki le fait que Cap va revenir alors qu’on pensait lui avoir fait ses adieux. Le but de cette fin était de montrer que le petit type de Brooklyn qui pouvait faire ça “all day” avait tout donné pour battre le plus grand ennemi de l’Histoire de l’Humanité, avant de baisser pour de bon son bouclier et se reposer après tant de sacrifices. En se retirant de l’Histoire, il est censé avoir le droit de vivre une vie tranquille avec celle qu’il aime. Mais vu que le MCU floppe depuis Endgame, il faut bien faire revenir Steve Rogers pour ce giga Doomsday, en détruisant donc cette très jolie fin et l’émotion procurée il y a sept ans maintenant. Reste à savoir pourquoi Loki doit les aider mais ça reste flou, forcé et contre-intuitif... Aveu d’échec ? Oui parce que par ailleurs, avec cette réécriture du récit, la scène où Cap vieux donne son bouclier à Falcon semble potentiellement caduque. Autre scène particulièrement symbolique, qu’il va falloir justifier pour que Cap puisse revenir après Doom à une vie normale où il peut faire cet échange une fois vieux. C’est un peu gros.

La deuxième n’est pas débile en somme, mais le truc de placer une scène post-crédit qui se passe après Brand New Day, alors que le public vient de voir Endgame qui se passait des années avant, n’a aucun sens. Ça ne fait qu’accentuer le côté purement mercantile de cette opération marketing à grande échelle, qui s’éloigne de plus en plus d’un truc étant un semblant artistique, pour rentrer dans les clous de leur narration qui ne fonctionne plus depuis trop longtemps maintenant. Et il va être difficile de justifier pourquoi cette scène n’était pas à la fin de Brand New Day, à part le fait qu’il fallait bien donner un peu à manger aux fans qui se sont refait les 3 heures d’Endgame.

La troisième, à la limite, peut faire sens. Toujours cette question de son emplacement ici et pas à la fin de Brand New Day, ce qui aurait plus de sens, mais bon, à la limite pourquoi pas. Ce qui est pas mal, c’est que ça peut forcer celles et ceux qui n’auraient pas vu la série Loki de se dépêcher de la mater avant Doomsday. Après, les clins d’œil aux différentes Terres sont vraiment qu’un easter egg — à moins qu’on voit certains de ces persos revenir, mais personne ne le souhaite. On sait déjà qu’on aura les X-Men de la Fox, vraiment, pas la peine de faire revenir Eric Bana ou Miles Teller…

La dernière enfin, est aussi bête et contre-productive que la première. À la fin d’Endgame, ce bruit de marteau était un joli et plutôt malin clin d’œil à l’arc de Tony Stark. Un simple son qui rappelait quand dans le désert, Tony a dû se fabriquer une armure pour s’en sortir. Une manière de se souvenir de tout ce qu’il a traversé au fil de ces 11 années et des nombreux films, et qui ponctue tout ce qu’il a dû faire pour se dépasser et passer d’un vendeur d’armes prétentieux à sauveur de l’humanité qui se sacrifie pour le bien commun. Maintenant ? C’est juste un mini clin d’œil pour un personnage qu’on a pas encore rencontré. Une fois encore, l’un des rares trucs que Marvel avait réussi jusque-là était la conclusion de son arc, qui était belle, émouvante, logique. Et ils vont nous faire croire qu’il l’avait en tête depuis le début, et qu’ils nous ont bernés. Ce qui n’est pas le cas, mais si c’était le cas, quelle tristesse de pondre un truc aussi joli pour n’en faire qu’un teaser nul, court et cheap.

Mais après tout, on s’en fout. Il pourrait être le champion de box-office américain en récoltant plus de 20 millions de dollars ce week-end, battant Brad Pitt et son chien, et Robert Pattinson et ses pédophiles — en réalité, ça va surtout dépendre de comment survit Resident Evil en deuxième semaine. Et en France, le film a été premier du premier jour ce mercredi avec ses 49 500 entrées, battant Heart of the Beat alors que ce dernier avait 1200 séances de plus que le Marvel… Alors à quoi bon se prendre la tête, si les fans continuent à faire comme si la firme ne leur manquait pas de respect de manière inédite dans cette industrie. Comme si le cynisme d’un studio qui n’a pas assez bien anticipé la suite de son planning et qui préfère réécrire la seule bonne histoire qu’elle avait su pondre peu ou prou pour tenter de refaire un même coup en salle que son précédent hold-up, n’était pas le symbole d’une industrie qui pense de moins en moins à son public, tant qu’il paye son ticket de cinéma.

Si ces actus vous intéressent, vous pourrez écouter notre épisode de lundi où on reviendra sur la Mostra et San Sebastian, la question de l’IA dans la création avec la polémique autour de Thélyson Orélian, le budget du pass culture encore réduit, le secret derrière la taxe sur les billets du CNC, et les raisons derrière la sortie exceptionnelle de Teenage Sex and Death at Camp Miasma.

LES FILMS À VOIR (ET À ÉVITER) CETTE SEMAINE

Parce qu’une image parle mieux que mille mots…

Pour entendre les débats, arguments et analyses de chacun de ces films, notre épisode hebdomadaire est disponible sur toutes les plateformes de streaming ou de podcast, juste ici.

L’ALERTE SPOILERS DE LA SEMAINE

Et oui, on démarre un nouveau bout de newsletter cette semaine, puisque Sophie Grech et Camille Giry lancent la belle aventure d’Alerte Spoiler 2.0. Et pour ce premier réel épisode, les deux présentatriceq démarrent une série de quatre épisodes sur la géniale Parks & Recreation, accompagnées d’une grande fan de la série, que s’appelorio Sophie Riche !

Une mise en bouche en guise d’introduction, à retrouver sur vos plateformes d’écoute de podcast, MAIS SURTOUT ICI (abonnez-vous à notre chaîne, juste ici, pour ne plus rien louper hihi) :

LES RECOMMANDATIONS CULTURELLES DE LA SEMAINE

Cette semaine, deux livres (et ce n’est ni Simon ni Nico qui les recommandent !).

Anaïs d’abord, qui est en pleine lecture de Lonesome Dove de Larry McMurthy. Parce qu'elle adore des hommes qui font les hommes, dans la nature, à la dure, et que Brad Pitt et son chien ne lui ont pas suffi, elle s'est replongée dans le livre culte de l'auteur adoré d'Hollywood.

Arthur enfin, continue de cultiver son amour des essais sur le milieu artistique avec la dernière sortie de chez Playlist Society, Une histoire du stand-up américain de Camille Richou. Un texte brillant sur l'histoire de la comédie outre-Atlantique, son évolution et ce qu'elle raconte du pays de l'Oncle Sam.

L’ÉPISODE ABONNÉ•E•S SUPERCAST, RIEN QUE POUR VOUS

L’avantage d’être abonné à notre compte Supercast est d’avoir chaque semaine un contenu supplémentaire, un bonus qui fait du bien. Ça peut être un éclairage par rapport à une adaptation, une errance du côté des séries, une diatribe pour défendre l’indéfendable, un entretien fort gênant ou une analyse audio de mise en scène (ça paraît contre-intuitif mais c’est assez génial, promis).

Cette semaine, Simon essaye de mettre en relation la notion de plan-séquence avec l’univers du jeu vidéo. Peut-on parler de mécaniques similaires dans un jeu ? Ce qu’impliquent les coupes au montage ? L’exemple avec deux jeux précis, Metal Gear Solid V, et God of War de 2018.

Pour écouter l’épisode, il faudra s’abonner à notre offre Supercast juste ici.

UN PEU DE PATRIMOINE ?

Cette semaine, on se prépare à la sortie de Digger en se replongeant là où tout a démarré pour ce cher Iñarritu, avec des combats de chiens, un accident de voiture, et des classes sociales qui se rencontrent et s’entrechoquent. Amores Perros, l’incroyable premier long du cinéaste mexicain, qui est disponible sur Mubi et qu’on ne peut que vous conseiller de voir.

Épisode à découvrir dès mardi, et dès ce samedi 26 septembre pour nos abonné•e•s Supercast.

LE BONUS HEBDO

Chaque semaine, on vous concocte un petit bonus. Un truc en plus, à vous mettre sous la dent. Parce qu’on est comme ça, dans le don de soi, pour vous autres abonné•e•s. Et cette semaine, Anaïs Bordages, qui nous fait le plaisir de combler l’absence de Sophie et Alexis, nous propose 10 films (+1) qui la définissent. Histoire de mieux savoir à qui vous avez affaire.

Une liste à retrouver ici. Et sinon, le lien vers notre compte Letterboxd RST est juste ici.

Merci de votre lecture, on se retrouve sur nos réseals socials (Instagram, Bluesky ou TikTok), sur vos plateformes d’écoute de podcast préférées et la semaine prochaine dans votre boîte mail.

Et gloire aux bons films de super-héros, une denrée de plus en plus rare…

De l'actu, du cinéma et le tout sans trucage

Par Réalisé sans trucage

À propos de Réalisé sans trucage

Réalisé sans trucage est un podcast crée en 2023 qui décrypte les sorties de la semaine chaque vendredi, traite de l’actualité du cinéma tous les lundis, et aborde un film de patrimoine tous les mardis.

Les abonnés Supercast ont en plus un épisode bonus chaque mercredi.

Le podcast est constitué d’Arthur Cios, Sophie Grech, Nicolas Martin, Simon Riaux et Alexis Roux.

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